Le maire d'Asbestos et préfet de la MRC des Sources, Hugues Grimard, Éric Fernet, responsable du Service de liaison cégep-entreprises au Cégep de Sherbrooke et directeur par intérim du CIMMS, la dg du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, Gillian Holcroft, présidente de MagOne, la députée de Richmond, Karine Vallières, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau et François Gouin, prés. du conseil d'administration du CIMMS.

Centre d'innovation minière d'Asbestos : un projet de 4 M$

Asbestos a officiellement lancé son Centre d'innovation minière, mardi, un projet totalisant des investissements de plus de 4 M$. Les activités de la mini-usine pilote d'extraction de produits à partir de résidus miniers pourraient commencer au mois d'août. Il s'agirait d'une première au Québec, selon la députée de Richmond, Karine Vallières. Le projet, fort attendu dans la municipalité, pourrait générer à terme une dizaine d'emplois.
Le coup d'envoi du Centre d'innovation minière de la MRC des Sources (CIMMS) se concrétise avec une aide financière de 2,5 millions $ de Développement économique Canada.
L'annonce a été faite en présence de la ministre du Développement international et de la Francophonie Marie-Claude Bibeau. Plusieurs partenaires s'unissent pour ce projet, dont le gouvernement provincial qui a contribué financièrement, le Cégep de Sherbrooke et la Ville d'Asbestos.
Le CIMSS est situé dans le parc industriel d'Asbestos. Le bâtiment actuel sera agrandi. Jusqu'ici, l'entreprise Mag One a été le premier client à investir dans le projet afin de permettre les premières expérimentations de mini-pilotage pour la transformation des résidus miniers.
La Ville d'Asbestos a investi près de 400 000 $ pour la mise à niveau et l'agrandissement de l'édifice accueillant le CIMMS. On peut penser entre autres à l'extraction de magnésium ou de silice à partir de résidus des haldes minières.
Les activités du centre permettront la mise à l'échelle de procédés chimiques conçus en laboratoire par l'hydrométallurgie.
Le maire ému
Le maire d'Asbestos, Hugues Grimard, était visiblement ému que le projet voie le jour. L'initiative aura des retombées importantes pour Asbestos et pour le Québec, a-t-il fait valoir en soulignant qu'il s'agit d'un pas vers la diversification économique.
Les retombées sont toutefois difficilement calculables, a-t-il souligné.
« Le centre tire profit de notre plus grande ressource naturelle, nos résidus miniers, mais également nos connaissances en la matière. Il développera une expertise importante en hydrométallurgie », a indiqué le préfet de la MRC des Sources. La ville d'Asbestos a durement été touchée, ces dernières années, par la fermeture de Mine Jeffrey.
Le Centre, dont La Tribune a déjà fait écho, est l'un des maillons du pôle de développement industriel et minier de la MRC des Sources, un autre projet sur les rails. Le pôle comprendra deux autres volets (outre le CIMMS) : un Centre intégré de formation professionnelle et technique, qui sera créé par la Commission scolaire des Sommets (CSS) et le Cégep de Sherbrooke, et un Centre entrepreneurial industriel, qui doit permettre l'émergence de nouveaux projets innovants.
Une plateforme d'expérimentation
Le Cégep de Sherbrooke, qui a travaillé à l'implantation du centre, se servira de l'endroit comme une plateforme d'expérimentation. « Il permettra la formation d'une main-d'oeuvre spécialisée dans le domaine de l'hydrométallurgie et des procédés chimiques. Pour nos étudiants, il sera un laboratoire de formation d'avant-garde », explique la directrice générale Marie-France Bélanger.
L'initiative est le résultat de plusieurs années de travail. Celle-ci « répondait assez difficilement aux critères des programmes gouvernementaux en place », obligeant les partenaires à faire preuve de beaucoup de créativité, a souligné Mme Bélanger.
Le Canada a banni l'utilisation de l'amiante, mais sa valorisation n'est pas interdite, note Éric Fernet, directeur général par intérim du CIMMS, responsable du service Liaison Cégep-entreprises au Cégep de Sherbrooke.
Le CIMMS se dotera bientôt d'un directeur général, qui sera le « premier employé à temps plein » du centre.
Au nombre des partenaires, on retrouve également la CSS, la Corporation de développement socioéconomique, la MRC des Sources, la Société d'aide au développement de la collectivité des Sources et l'Université de Sherbrooke.
« C'est un projet porté par l'ensemble de la région. C'est ce qui a fait une différence dans l'analyse du projet », a indiqué la ministre Marie-Claude Bibeau.