Joannie Bédard de MFJ Recycle souhaite démontrer à la population que l'emplacement désiré pour le centre de tri se situe à bonne distance des quartiers résidentiels.

Centre de tri : Danville cherche un autre endroit

La municipalité de Danville et le promoteur d’un centre de tri de matériaux secs devront trouver un autre emplacement s’ils veulent concrétiser ce projet de nouvelle industrie. Les citoyens ont en effet fait entendre leur voix et manifester leur désapprobation sur le choix d’installer l’usine en bordure de la route 116.

En conseil municipal, mardi, la Ville a annoncé ne pas aller de l’avant avec cette localisation voyant qu’à trois jours de la fermeture du registre référendaire plus de 150 signatures avaient été amassées sur les 172 requises.

« C’est la décision des gens et on ne peut que l’accepter, c’est la démocratie. C’est correct que les gens ne veuillent pas de centre de tri à cet endroit, mais la Ville croit au projet », souligne le maire de Danville, Michel Plourde.

Les citoyens ont d’ailleurs salué la compréhension du conseil municipal à l’égard de leurs préoccupations.

Comme le projet nécessitait un changement de zonage d’industrie légère à industrie lourde, Danville a tenu au moins deux consultations publiques pour informer les citoyens de la démarche.

À cela s’est ajoutée la création d’un comité d’acceptabilité composé d’acteurs des milieux municipal, économique, industriel, environnemental et social. Une citoyenne du secteur possiblement touché figurait aussi au comité qui a notamment visité quelques centres de tri afin d’émettre des recommandations au promoteur, MFJ Recycle.

Ce dernier avait d’ailleurs pensé son projet afin de vivre en harmonie avec le milieu, notamment avec une zone tampon boisée entre les résidences les plus proches et ses bâtiments.

« Il faut savoir que nous sommes un centre de tri et de revalorisation. Nous ne touchons pas aux bacs de recyclage, de déchets ou de compost. On travaille plutôt avec les matériaux de construction, de rénovation ou démolition », explique la promotrice, Joannie Bédard.

« Comme on priorise la revalorisation, il n’y aura pas d’accumulation comme ça pourrait inquiéter certains. On veut d’ailleurs contribuer à l’économie locale. Par exemple, on a déjà discuté avec certaines entreprises et on pourra produire du paillis de cèdre qu’ils pourront revendre par la suite », enchaîne-t-elle.

Mais cela n’a pas suffi à convaincre les résidents environnants au lot convoité pour le centre de tri.

« Malgré toutes les études effectuées et les informations que nous avons reçues, il y avait toujours beaucoup d’inquiétude qui subsistait. C’est aussi une compagnie nouvelle, donc il y avait une crainte associée aux résultats et à la rentabilité », explique un citoyen de la zone touchée qui a préféré garder l’anonymat.

« Nous sommes conscients que la municipalité et le promoteur ont fait les bonnes démarches, mais cela ne nous pas rassuré suffisamment. Nous sommes en faveur du projet, simplement pas de son emplacement », ajoute-t-il.

Nouvel emplacement

La Ville n’abandonne toutefois pas le projet du centre de tri et espère pouvoir travailler avec le promoteur afin de trouver un nouvel emplacement qui conviendrait à tous.

« Il faut toujours que le promoteur soit d’accord avec l’emplacement », mentionne le maire.

Il affirme aussi ne pas abandonner l’idée du changement de zonage vers l’industrie lourde pour l’emplacement prévu initialement pour le centre de tri. « On veut quand même le changer pour permettre à d’autres industries d’éventuellement s’installer. Ça pourrait aussi permettre à Ateliers Beauchemin, une entreprise déjà présente dans le secteur, de prendre de l’expansion. »

La Ville est également ouverte à conserver le zonage pour industrie légère si une entreprise respectant ces conditions est intéressée par le terrain.

« Ça prend de l’industrie à Danville », le maire est catégorique à ce sujet.

C’est d’ailleurs pour partager cette vision et avoir l’avis des citoyens qu’une rencontre de discussion aura lieu le 15 septembre prochain dans le cadre du « Samedi du maire ». On abordera alors l’idée pour Danville d’investir une somme de 100 000 $ annuellement pour faire du démarchage d’entreprises intéressantes afin de générer des investissements et des emplois sur le territoire de la municipalité.

MFJ Recycle veut rencontrer les citoyens

Joannie Bédard travaille depuis trois ans en recherche et développement afin de concrétiser son projet de centre de tri et de revalorisation. Du temps qui a notamment été mis dans différentes études, rencontres et démarchage permettant à l’entrepreneur d’avoir déjà des partenaires et des contrats en poche pour lancer son entreprise.

Après avoir pris connaissance de la réaction des citoyens au dernier conseil municipal, elle a décidé de diffuser une vidéo Facebook afin d’éclairer les gens sur la nature de son projet et les raisons du choix de l’emplacement. Selon elle, certaines informations erronées auraient circulé concernant le centre de tri, ce qui aurait contribué à envenimer les craintes.

« Selon l’image qui avait été publiée dans l’avis public du journal, les gens pensaient que l’usine serait très près des résidences, alors qu’on est situé à un ou deux kilomètres de distance », explique Joannie Bédard, aussi citoyenne de Danville.

« On disait aussi que les camions allaient passer par les quartiers résidentiels, mais l’accès que nous avons créé par la route116 et le chemin Bennett permet d’éviter cette situation », ajoute-t-elle.

À la suite de la publication de la vidéo, l’entrepreneure a été heureuse de recevoir l’appui de certains citoyens qu’elle a pu éclairer par ces informations. « Je n’ai reçu aucun commentaire négatif à la suite de la vidéo et quelques-uns m’ont même dit qu’avoir su, il n’aurait pas voté contre. »

Devant cette réaction, et avec l’accord de la Ville, elle espère pouvoir avoir la chance de représenter son projet aux citoyens à l’emplacement prévu initialement. « J’aimerais parler avec les résidents, faire une rencontre directement au terrain afin que les gens voient la distance qu’il y a avec les résidences », confie celle qui a également prévu une rangée d’arbres et des clôtures pour préserver la tranquillité des alentours.

Si la décision des citoyens est maintenue concernant leur désaccord avec l’emplacement du centre tri, Joannie Bédard est tout à fait d’accord pour travailler de pair avec la Ville afin de trouver une autre option, elle qui souhaite ardemment que son projet
voie le jour.

Notons que sur un horizon de trois ans, l’entreprise prévoit employer jusqu’à 35 personnes encourageant notamment la réinsertion sur le marché du travail des bénéficiaires de l’aide sociale ainsi que l’inclusion des personnes vivant avec un handicap.