Cannabis : Saint-Camille prône la tolérance

En annonçant publiquement qu’elle n’ajoutera pas de règlementations quant à la consommation de cannabis dans les lieux publics municipaux, Saint-Camille espère rallier les municipalités environnantes dans sa décision.

« En fait, pour s’aligner avec la règlementation fédérale qui encadre la consommation de cannabis comme celle du tabac, la municipalité n’avait simplement qu’à rien faire. Mais c’était important pour nous de faire entendre notre décision pour montrer notre position et donner l’exemple », fait savoir le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé.

Avec la règlementation annoncée par la Ville de Sherbrooke plus tôt ce mois-ci, ce dernier craint que certains conseils municipaux décident de suivre les traces de la métropole de l’Estrie. Rappelons que Sherbrooke a choisi d’interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics municipaux, contrairement aux recommandations de la Direction de la santé publique de l’Estrie.

« Ce sera alors difficile d’harmoniser nos règlementations pour la Sûreté du Québec si les municipalités adoptent des positions différentes », soutient le maire.

Il souligne du même coup que, présentement, aucune certitude n’assure que les règlements adoptés par les municipalités seront constitutionnels et supplanteront la loi adoptée au fédéral.

« Plusieurs propriétaires de logements interdiront sûrement de fumer le cannabis au même titre que la cigarette à leurs locataires, de même que certaines personnes ne veulent pas non plus fumer dans leur résidence. On ne voulait pas que nos citoyens craignent d’avoir des amendes en sortant fumer dehors, confie Philippe Pagé.

Puis je pense que notre milieu avait l’acceptabilité sociale pour aller de l’avant dans cette voie. »Le conseil municipal de Saint-Camille estime ainsi prendre une décision « responsable et intelligente » qui s’appuie sur les recommandations de la Direction de la santé publique de l’Estrie.

Avec cette annonce publique, il espère d’abord rallier les municipalités de la MRC des Sources dans sa décision, tout en souhaitant évidemment que la majorité de l’Estrie emboite le pas.

À la Direction de la santé publique de l’Estrie, on signifie ne pas tenir de registre concernant la décision des municipalités à propos de la règlementation de la consommation de cannabis. 

On souligne toutefois que jusqu’à maintenant dans la région, c’est une minorité qui ont adopté des règlements plus stricts que ceux prescrits par l’organisation et le gouvernement fédéral, c’est-à-dire qui encadre la consommation de marijuana de la même façon que pour la cigarette.