Camionneur tué à Princeville : un vérin mis en cause

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en est venue à la conclusion que le décès de Richard Gravel, ce camionneur mort alors qu'il déchargeait des porcs à l'usine d'Olymel de Princeville, est attribuable au mauvais fonctionnement d'un vérin.
Le jour de l'accident, M. Gravel, camionneur pour l'entreprise SSP Trans-Porc, conduisait un camion semi-remorque contenant une cargaison de 220 porcs, à destination d'un abattoir de Princeville. La remorque comportait trois niveaux de plancher, dont une section du deuxième palier peut monter ou descendre à l'aide d'un vérin pneumatique.
Arrivé à l'abattoir, M. Gravel a stationné son camion semi-remorque au quai de déchargement. Une fois la remorque arrimée au quai, il a procédé au déchargement des porcs qui se trouvaient au premier niveau de plancher, les dirigeant vers les parcs à l'intérieur de l'établissement.
M. Gravel s'est ensuite rendu au deuxième niveau de plancher de la remorque de façon à en faire sortir les porcs. Une fois les derniers porcs hors de la remorque, le plancher mobile sur lequel M. Gravel se trouvait s'est soudainement mis à bouger rapidement vers le haut. Le travailleur a alors été coincé entre le plancher mobile et le plancher fixe supérieur de la remorque. Les secours ont été appelés sur place. Le camionneur est décédé des suites de ses blessures.
« Au moment de l'accident, il n'existait aucune procédure permettant de contrôler les énergies pneumatiques comme le cadenassage de la valve de purge d'air, qui permet d'empêcher le plancher mobile d'une remorque de monter ou de descendre », concluent les enquêteurs Karine Trudel et Denis Marchand au sein de leur rapport.
Des mesures correctives
À la suite de l'accident, la CNESST a interdit le déplacement et les travaux sur le camion et la remorque impliqués dans l'accident, le temps de vérifier le fonctionnement du plancher mobile. De plus, la Commission a exigé de l'employeur qu'il mette en place des mesures correctives. Entre autres, il devait s'assurer que ses travailleurs cadenassent la valve de purge d'air en position ouverte, de manière à ce que le vérin pneumatique soit en tout temps dépressurisé, empêchant ainsi le plancher mobile de monter ou de descendre inopinément. L'employeur s'est conformé à ces exigences.
Afin d'éviter qu'un tel accident se reproduise, la CNESST entend informer l'Association du camionnage du Québec ainsi que l'Association des routiers professionnels du Québec des conclusions de son enquête. De cette façon, ces deux organismes pourront sensibiliser leurs membres spécialisés dans le transport d'animaux à l'importance d'utiliser une méthode de travail sécuritaire qui élimine les dangers liés aux équipements servant au transfert des animaux.
Selon les plus récentes statistiques de la CNESST, on déplore en moyenne annuellement, au Québec, 3 387 accidents du travail ainsi que sept décès causés par des machines non sécuritaires. La plupart de ces accidents pourraient être évités par l'application de mesures de prévention adéquates telles que le cadenassage.