Dans leur pétition, les membres du collectif du Quartier-des-Tisserands réclament que « l’ancien complexe textile soit déclaré site patrimonial québécois » et « de prendre dès maintenant toutes les mesures à sa disposition pour protéger le complexe textile des risques de vandalisme, d’incendie et de destruction de quelque partie que ce soit de son ensemble ».

Blitz pour la revitalisation du quartier des tisserands

Un groupe de résidants de Magog a entrepris des démarches afin de protéger le quartier des tisserands, qui occupe une place importante dans l’histoire industrielle de la ville. Ce groupe demande à la Ville de Magog d’organiser une consultation citoyenne portant sur l’avenir de ce quartier et même de devenir propriétaire de l’ancienne usine textile.

Dans leur pétition, les membres du collectif du Quartier-des-Tisserands réclament que « l’ancien complexe textile soit déclaré site patrimonial québécois » et « de prendre dès maintenant toutes les mesures à sa disposition pour protéger le complexe textile des risques de vandalisme, d’incendie et de destruction de quelque partie que ce soit de son ensemble ». Au moment d’écrire ces lignes, 609 personnes avaient signé la pétition.

« Ce qu’on voit actuellement, c’est que l’ancienne usine de textile de Magog est complètement abandonnée, déplore François Faucher, citoyen de Magog et membre du collectif. Elle a cessé d’opérer en 2011. Depuis ce temps, il y a eu plusieurs essais pour évaluer ce que pourrait devenir l’usine. En 2016, la Ville s’est retirée, alors qu’elle avait déjà commencé à installer Magog Technopole dans l’usine. Aujourd’hui, il y a une partie de l’usine qui n’est même pas chauffée. Il y a un danger important de détérioration rapide et que ce patrimoine perde beaucoup de sa valeur. »

De son côté, Roberpierre Monier, aussi membre du collectif, ajoute que le quartier ouest de Magog est plus intéressant pour les promoteurs. « On sait que les gens d’affaires de Magog et les politiciens se sont intéressés à cette usine pour lui donner une deuxième vie. On pense que les promoteurs se sont tournés vers la partie ouest, qui est probablement plus intéressante. Ils ont tranquillement délaissé l’intérêt pour la rénovation de 1 500 000 pieds carrés, qui appartiennent aujourd’hui à quelques propriétaires privés. Le fait que ce soit privé et clôturé, ça fait en sorte que les citoyens n’ont pas accès à la rivière, ils n’ont pas accès à l’immense parc qui se retrouve sur la partie privée de l’usine. On espère que cette espèce de cour fermée soit ouverte au public », propose-t-il. 

Un moteur pour l’Est

Pour M. Monier, il est également important pour les gens habitant l’est de la ville de revitaliser le secteur. « Le complexe c’est une chose, mais ça doit servir de moteur à la revitalisation du quartier des Tisserands. On pensait que la bibliothèque allait en partie jouer ce rôle. La bibliothèque a été rénovée et c’est un succès sur le plan architectural. Après, plus rien. Les services ferment. C’est triste de voir ça. Ils avaient aussi comme projet d’allonger la piste cyclable pour qu’elle rejoigne l’Ouest. Ce ne sont pas les idées qui manquent, on en a deux pages pleines », affirme-t-il. 

Vue aérienne des lieux

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« Ils veulent la même chose que nous », dit la mairesse

Pour la mairesse de Magog, Vicky-May Hamm, le collectif et leur pétition pourraient nuire aux négociations avec les propriétaires de l’ancienne usine Dominion Textile de Magog, qui a fermé ses portes en 2011. 

« Quand on met le dossier sur la place publique comme ça, on nuit aux négociations. On est en discussions avec les propriétaires. Ce que je propose de faire au retour des fêtes, c’est de rencontrer des gens du collectif pour voir comment on peut travailler ensemble, car ils veulent la même chose que nous. Il y a des détails que je ne peux pas donner, ça nuirait. Il y a des détails légaux confidentiels, mais je vais essayer de leur expliquer le mieux possible. On n’est pas l’un contre l’autre. »

Mme Hamm était au courant qu’un groupe s’intéressait particulièrement à cette partie de la Ville de Magog. « Ils font des demandes d’accès à l’information et lancent leur pétition avant de nous parler, ce qui est un peu triste, car on pourrait travailler ensemble et on serait gagnants de le faire », renchérit-elle. 

Acheter le bâtiment a déjà été envisagé par la Ville de Magog dans le passé. « C’est plus compliqué que ça en a l’air. Ça fait cinq ans qu’on travaille sur un projet de conversion. On a investi beaucoup de temps et d’argent. Notre option, c’est d’avoir un investisseur privé qui s’en occuperait. Je suis convaincue que les citoyens ont le même objectif que nous ; on veut tous voir ce bâtiment être converti », assure la mairesse.

Pour le quartier est, Mme Hamm ne trouve pas qu’il est laissé à lui-même. « On a fait une caractérisation de ce quartier pour sa valeur patrimoniale. C’est assez particulier de la façon dont c’est construit. On s’apprête à adopter une réglementation spécifique pour protéger l’allure du secteur. On parle éventuellement d’avoir un programme pour l’aide à la rénovation »

« Je ne pense pas qu’on délaisse un quartier, continue-t-elle. On a investi 11 millions de dollars pour une bibliothèque dans ce quartier. On croit au quartier des ouvriers. »

Quant au parc, il est bien connu que la Ville de Magog a des plans, selon Mme Hamm. « Ça a toujours été notre vision et ils le savent, car ça a été dit publiquement. Quand ça va être converti, on veut garder le bord de l’eau et faire un sentier et une piste cyclable qui va rejoindre l’autre côté. Les gens du collectif ont vu les plans et savent que c’est notre intention de redonner la rive aux citoyens », résume-t-elle.