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L’organisme Bleu Massawippi ausculte cet été six des 33 ruisseaux du bassin versant du lac Massawippi, à la recherche de source de phosphore qui peuvent favoriser l’éclosion d’algues bleu-vert.
L’organisme Bleu Massawippi ausculte cet été six des 33 ruisseaux du bassin versant du lac Massawippi, à la recherche de source de phosphore qui peuvent favoriser l’éclosion d’algues bleu-vert.

Bleu Massawippi déclare la guerre aux algues bleu-vert

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
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L’organisme Bleu Massawippi met sous la loupe six ruisseaux du bassin versant du lac Massawippi, à la recherche de sources indésirables de phosphore, une matière qui favorise les éclosions d’algues bleues et qui nourrit les herbiers.

C’est une véritable « déclaration de guerre » que l’organisme fait aux algues bleu-vert et aux herbiers avec ce projet baptisé SOS tributaires. 

« Depuis plus de 20 ans qu’en collaboration avec la MRC nous analysons en alternance 4 ou 5 des 33 ruisseaux du lac Massawippi, les résultats restent lettre morte », déplore la directrice générale de Bleu Massawippi, Michèle Gérin. 

« Pendant ce temps-là, les cyanobactéries reviennent nous menacer tous les étés et les herbiers prennent de la force. Avec le Programme de soutien régional aux enjeux de l’eau (PSREE), nous avons saisi l’occasion d’aller plus loin. »

Se basant sur deux critères, soit le taux de phosphore total et les matières en suspension, Bleu Massawippi a choisi les six tributaires les plus préoccupants. Au moyen d’analyses de l’eau et des rives, sur toute leur longueur, on cherche les sources probables de la surcharge indésirable.

Depuis la fin du mois de mai, les rives des ruisseaux Leslie, Massawippi Creek et Webster ont été caractérisés et des prélèvements d’eau seront faits jusqu’à la fin de la saison.

On peut localiser et reconnaître sur cette carte les six ruisseaux qui sont à l'étude.

Dès cet automne, on prévoit avoir identifié les problèmes et ébauché des solutions des six ruisseaux visés pour les proposer aux propriétaires et aux municipalités. 

« Ce n’est pas nécessairement que quelqu’un maltraite ce ruisseau-là ou qu’il y a une source épouvantable de pollution, ce que notre projet fait, c’est d’étudier les contextes, en les faisant pas à pas jusqu’à leur source et en essayant de trouver la problématique et une solution », explique Mme Gérin.

L’excès de phosphore, rappelons-le, est souvent montré du doigt comme étant le premier responsable de l’éclosion de fleurs d’eau de cyanobactéries. Le phosphore, associé à l’ensoleillement et à une température élevée, engendre des conditions gagnantes pour l’éclosion d’algues bleu-vert et nourrit littéralement les herbiers.


« Cet été, on est béni des dieux jusqu’à aujourd’hui. »
Michèle Gérin

L’an dernier, les plages publiques du lac Massawippi ont dû fermer 5 jours à la mi-juillet en raison des algues bleu-vert, rapporte Bleu Massawippi. 

« Cet été, on est béni des dieux jusqu’à aujourd’hui, mais je peux aussi bien vous annoncer une éclosion demain matin », met en garde Mme Gérin, en se disant de plus en plus convaincue que le brassage de l’eau par les bateaux, que Bleu Massawippi étudie plus spécifiquement depuis cinq ans, favorise aussi les éclosions d’algues bleues.

SOS tributaires est l’un des 12 projets qui ont attiré l’attention du PSREE, un programme du gouvernement québécois. Bleu Massawippi et ses partenaires investissent 67 000 $ dans le projet, dont près de 75 % sont assurés par l’État. 

« Nous travaillons sur le lac, nous luttons contre la moule zébrée, mais en aucun cas, nous ne pouvons négliger le bassin versant et l’immense impact de l’activité humaine sur le territoire environnant du lac. Cette aide de Québec arrive à point dans le contexte de notre planification stratégique », souligne Denis Petitclerc, vice-président de Bleu Massawippi. 

Bleu Massawippi souhaite que SOS tributaires ne soit qu’un début et que les résultats positifs, concrets et mesurables justifieront la reprise de ce protocole pour les 33 ruisseaux qui coulent vers le lac Massawippi ainsi que pour la rivière Tomifobia. 

Quatre autres organismes soutiennent la démarche par leur contribution en services : les municipalités de Sainte-Catherine-de-Hatley et de Hatley, la Corporation de la rivière noire et le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF). 

« Ce sont les initiatives des acteurs de l’eau dynamiques et engagés comme Bleu Massawippi qui permettent d’améliorer la qualité de l’eau du bassin versant de la rivière Saint-François. Il est essentiel que tous les acteurs se mobilisent pour préserver cette précieuse ressource », a commenté la directrice générale du COGESAF, Stéphanie Martel.