Geneviève Turgeon n’a pas été en mesure de terminer la construction de son bigénérationnel à temps en raison selon elle de deux dégâts d’eau et de la COVID. Elle interpelle la Ville d’Asbestos pour avoir plus de temps.
Geneviève Turgeon n’a pas été en mesure de terminer la construction de son bigénérationnel à temps en raison selon elle de deux dégâts d’eau et de la COVID. Elle interpelle la Ville d’Asbestos pour avoir plus de temps.

Bisbille autour d’un permis de construction à Asbestos

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Une citoyenne d’Asbestos demande que la Ville fasse preuve de « compassion » en acceptant de renouveler pour au moins un an son permis de construction et lui permettre de terminer son projet de maison bigénération sans s’exposer à des amendes. Geneviève Turgeon estime que deux dégâts d’eau et la COVID l’ont empêchée de terminer à temps.

Geneviève Turgeon a acheté un terrain près des Trois-Lacs en 2016 avec le projet de rénover le chalet et de construire une mini-maison à côté. Les deux bâtisses seraient reliées. Quatre ans plus tard, le chalet a été rénové, mais la maison n’est pas encore terminée à 100 %. La structure pour relier les bâtiments n’a pas été entamée non plus.

Le problème est que le permis pour la construction du bigénération, émis à l’origine en juin 2018, a déjà été renouvelé à une reprise en 2019 et ne pourrait selon les règlements municipaux l’être plus d’une fois.

Mme Turgeon estime n’avoir jamais été mise au courant de ce règlement.

« Quand j’ai fait ma demande de permis, j’ai parlé avec une nouvelle qui ne connaissait pas trop le système, mentionne-t-elle. Je n’ai jamais été avisée qu’un permis ne peut être renouvelé plus qu’une fois. Je ne le savais pas donc j’ai fait comme pour une maison neuve et j’ai tout mis dessus au lieu de le faire par étape. »

Selon Mme Turgeon, la Ville lui propose comme solution un permis temporaire qui l’obligerait à terminer l’entièreté de la construction en 2020, ce qu’elle juge impossible.

« Il faut faire relever la maison et la connecter au chalet pour respecter le permis, souligne-t-elle. L’entrepreneur ne sait pas quand il va pouvoir venir. La finition du toit peut se faire assez vite, mais il reste à « pieuter » et il y a un mois d’attente. Il faut ensuite bâtir la structure qui reliera la maison et le chalet. Mon revêtement extérieur recyclé ne se pose pas en bas de 0 degré Celsius non plus. »

Située en bas d’une pente, la maison a subi des dégâts d’eau à deux reprises dans la dernière année, ce qui a retardé les travaux, estime Mme Turgeon. Elle pense que des installations municipales défectueuses pourraient être en cause. La COVID a aussi retardé beaucoup de choses. La Ville lui donne selon elle jusqu’au 1er septembre pour avoir fait sa demande de permis temporaire et avoir choisi un entrepreneur.

« Les entrepreneurs que j’appelle me disent qu’ils ne peuvent garantir leur chantier s’il y a une deuxième vague de la COVID, déplore-t-elle. Si ça arrive, je vais me retrouver dans la même situation. Il faut leur laisser le temps de faire un bon travail. »

La situation s’est judiciarisée dans la dernière année. Geneviève Turgeon a déjà déboursé 6000 $ en frais juridiques. Elle a également publié une vidéo sur Facebook à ce sujet qui a fait beaucoup réagir.

La Ville d’Asbestos ne souhaite pas commenter le dossier de Mme Turgeon puisqu’il est devant la cour. On mentionne aussi ne pas vouloir traiter les dossiers des citoyens dans les médias.

Les poubelles des voisins chez elle

Un autre différend a opposé Mme Turgeon à la Ville d’Asbestos dans les dernières années. Une parcelle de terrain appartenant à la Ville tout juste à côté de sa maison servirait à mettre les poubelles de tout le voisinage et servirait l’hiver à pousser la neige. La neige déborderait toutefois toujours sur son terrain et cause d’importants dommages. Mme Turgeon tente aussi par tous les moyens que les poubelles des gens arrêtent d’être mises tout près de sa demeure. La rue étant très étroite, les bacs doivent être regroupés à un endroit accessible. La cour supérieure a toutefois rejeté au mois de mai sa demande pour l’obtention d’une injonction.

« Je me fais traiter de conne, de folle, de tous les noms, déplore-t-elle. Il y en a un qui m’a dit qu’il allait me péter la gueule. Je tiens encore debout, je ne sais pas comment. »

Même si la Ville a installé des poteaux pour mieux délimiter sa parcelle de terrain et considère que la situation est réglée, Mme Turgeon se prépare à prendre les grands moyens dans les prochains jours.

« Il va avoir des cordes, des poteaux ou une livraison de bois directement sur le coin de mon terrain pour bloquer tout accès, mentionne-t-elle. C’est pour mettre mon pied à terre d’empêcher la Ville d’utiliser mon terrain pour les services municipaux. La Ville va pouvoir pousser la neige comme sur n’importe quel terrain, mais il n’y aura plus de droit d’accès pour briser nos affaires. »

Jointe par courriel, la Ville d’Asbestos n’a pas non plus souhaité commenter cette situation.

+

Dans ce genre de cas d’un permis de construction qui n’est pas terminé à temps, la Municipalité pourrait obtenir en cour l’autorisation de faire les travaux à la place du citoyen et de lui refiler la facture. Elle pourrait également obtenir la démolition du bâtiment. Il s’agit toutefois de cas majeurs qui sont plutôt rares. La conséquence la plus courante est un constat d’infraction associé à une amende. Un différend concernant un permis de construction non terminé est plutôt rare. À Asbestos, ça n’arrive pas plus que quelquefois par année. La Municipalité souligne toutefois trouver presque toujours un terrain d’entente avec le citoyen pour que les travaux se terminent.