Gilles Bélanger et Christine Labrie

Bélanger et Labrie se concertent sur Coventry

Appartenant pourtant à deux partis politiques distincts, la solidaire Christine Labrie et le caquiste Gilles Bélanger ont décidé d’unir leurs efforts afin de s’assurer que l’eau du lac Memphrémagog, bue par plus de 150 000 personnes en Estrie, demeure de bonne qualité.

Respectivement député de Sherbrooke et d’Orford, Mme Labrie et M. Bélanger ont discuté de l’agrandissement probable du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, à l’occasion d’une rencontre tenue la semaine dernière.

« Je voulais l’éclairer sur le projet Coventry. Elle a dit que c’était prioritaire pour elle. Je lui ai transmis des documents. Je voulais la sécuriser sur la situation actuelle et faire en sorte qu’on arrime nos approches », souligne le député d’Orford.

Pour sa part, Christine Labrie affirme qu’elle espérait pouvoir discuter du dossier Coventry avec Gilles Bélanger depuis un moment déjà. Elle considère qu’une menace pèse sur le lac Memphrémagog et désire agir pour la contrer.

En concertation

M. Bélanger juge que les intervenants du milieu ont tout intérêt à travailler de façon concertée s’ils souhaitent avoir du succès auprès des autorités du Vermont, qui se penchent actuellement sur la demande d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

« Ce qui est important pour moi, entre autres, c’est qu’on ne commence pas à dire aux gens là-bas qu’ils ne font pas leur travail correctement. Ce ne serait pas la bonne manière d’intervenir », soutient-il.

Notons que le député d’Orford participera à une audience de la Commission environnementale du district sept, qui est chargée d’analyser la demande d’agrandissement formulée par la compagnie Casella Waste Systems, propriétaire du site d’enfouissement de Coventry.

« J’aurais pu éviter de parler à Mme Labrie de ce dossier parce qu’on n’est pas dans le même parti. Mais je crois qu’en discutant ensemble de cette manière, on fait de la politique autrement. Hors de la chambre, c’est possible de faire avancer des dossiers conjointement lorsqu’on est dans des circonscriptions voisines comme dans ce cas-ci. Le bien de nos citoyens est en jeu. »

Inquiétude partagée

Christine Labrie affirme pour sa part être heureuse de sa collaboration avec Gilles Bélanger. « On se complète dans nos idées à certains égards, je pense. Tous les deux on est inquiets par rapport à Coventry étant donné qu’il s’agit de santé publique et d’environnement. Lui, il a un accès plus direct au ministère et moi j’ai une bonne capacité à mobiliser les citoyens », déclare-t-elle.

Quoi qu’il en soit, Mme Labrie estime que les « partis politiques devraient davantage travailler ensemble » et laisser de côté la partisanerie plus fréquemment.

La députée de Sherbrooke espère par ailleurs que le cabinet des ministres de Justin Trudeau sera sensibilisé au dossier Coventry quand il s’arrêtera en sol sherbrookois cette semaine. « La ministre Marie-Claude Bibeau pourra faire de la sensibilisation. C’est à souhaiter en tout cas », dit-elle.

Rappelons que le dépotoir de Coventry est situé à proximité de la rivière Black, qui coule vers le lac Memphrémagog. Le lixiviat, un liquide toxique, provenant de ce lieu est traité à Newport, une ville se trouvant en bordure du large plan d’eau.