La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, et Luc-Alexandre Chayer, de Transports Canada, s’apprêtent à répondre à une importante question concernant la raison pour laquelle la variante du trajet passant au nord de la route 161, dans le parc industriel de Lac-Mégantic, a été abandonnée, dans le projet de la voie de contournement du centre-ville.

Audiences du BAPE : tous les aspects scrutés à la loupe

Les audiences de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) se sont poursuivies tout l’après-midi mercredi et même en soirée, afin de faire le maximum de lumière sur les implications environnementales du projet de voie de contournement ferroviaire du centre-ville de Lac-Mégantic, devant une foule plutôt clairsemée au Centre sportif Mégantic.

Plusieurs questions de la séance de la veille étant restées en suspens ou sans réponse, le président Joseph Zayed a tenu à faire ressortir de nouveaux enjeux et clarifier certains aspects, en plus de limiter les interventions des citoyens.

Conrad Lebrun, ingénieur et représentant de la Ville de Lac-Mégantic qui agit comme initiateur du projet de voie de contournement, est ensuite revenu sur plusieurs sujets auxquels il devait donner suite, comme les analyses de sols des hydrogéologues, la validation des lieux humides si le tracé passait au nord de la route 161, le triage ferroviaire à Vachon, l’information sur la nappe phréatique, l’indemnisation des demeures et des terrains, le vrai coût de la voie de contournement au-delà des 133 M$ prévus, etc.

Les participants ont appris que la Ville de Lac-Mégantic s’est occupée des résidants de la rue Pie XI, à cause des inconvénients de la proximité de la voie de contournement dans leur secteur, en forme de cuvette prononcée. « Nous avons réuni presque tous les citoyens de cette rue pour recueillir leurs commentaires, en faire ressortir les grandes tendances. C’est une consultation, pas un sondage, en marge de l’avant-projet mené par AECOM. Nous voulons y établir un scénario possible », a expliqué la mairesse Julie Morin.

Choix politique

Le commissaire Zayed a demandé une synthèse de ce qui a été dit la veille au sujet de la gare de triage, par Lac-Mégantic, ce qui pourrait influencer la voie de contournement elle-même.

Il a également avoué qu’il était désarçonné d’apprendre que ce ne sont pas les impacts négatifs scientifiques qui ont fait abandonner la variante de trajet passant au nord de la route 161, avec des étagements, mais plutôt des raisons politiques, un sujet qui fait réagir plusieurs personnes de Nantes depuis le début.

Les experts de Transports Canada et du ministère des Transports du Québec (MTQ) ont vite rectifié que des impératifs reliés à la sécurité de la population en étaient responsables, à cause des risques de collision sur la route 161 où ça circule à 90 km/h, l’angle prononcé de recroisement de la voie de contournement avec la route 161 combiné avec la pente où les véhicules qui y circulent s’avèrent des camions lourds dans une proportion de 20 à 30 pour cent, etc. La mairesse Morin s’est aussi défendue que ce n’est pas sa Ville qui a choisi le tracé définitif du projet, comme certains le laissaient supposer, mais les deux gouvernements.

Durant la période de questions, un citoyen de Lac-Mégantic, Paulo Dostie, a fait remarquer que le BAPE s’était beaucoup concentré sur les éléments techniques du projet, alors qu’avait été pratiquement oublié le côté humain. M. Dostie s’est ensuite questionné sur le processus d’expropriation des propriétés.

Pour sa part, le propriétaire de la Cabane à sucre Mégantic, Nicolas Charrier, a transmis ses nombreuses inquiétudes, parce que la voie ferrée va passer dans le stationnement de son commerce, rempli souvent d’automobiles, d’enfants et d’adultes dans son édifice, où au total 300 personnes peuvent s’y trouver régulièrement.

L’impact sonore du projet a aussi retenu l’attention du BAPE, pendant une longue période. À cet effet, la Nantaise Josée Morin a spécifié que le bruit affectait ses enfants, qui ne dorment plus la nuit quand passe le train.