Alliance Magnésium s’était déjà doté d’un seuil d’exposition aux fibres d’amiante à l’interne de 0,1 f/cm3 alors que la réglementation québécoise est 10 fois supérieur.
Alliance Magnésium s’était déjà doté d’un seuil d’exposition aux fibres d’amiante à l’interne de 0,1 f/cm3 alors que la réglementation québécoise est 10 fois supérieur.

«Aucun compromis» sur la santé pour Alliance Magnésium

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Même si le respect des recommandations du BAPE sur la santé et sécurité en lien avec l’amiante nécessitera des investissements supplémentaires pour Alliance Magnésium, l’entreprise d’Asbestos n’entend faire aucun compromis pour assurer la sécurité de ses travailleurs.

« À la suite de la lecture du rapport, notre philosophie ne change pas, mentionne Karine Vallières, directrice aux communications et affaires publiques. On ne fait aucun compromis sur la santé, la sécurité et l’environnement. On entend continuer à respecter toutes les normes en place. »

Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a été dévoilé la semaine dernière et apporte plusieurs points « fort positifs » selon l’entreprise. La commission estime notamment que la valorisation des résidus miniers amiantés « souscrit à plusieurs principes de développement durable et constitue une application tangible des fondements de l’économie circulaire qui incitent à repenser les modèles de production et de consommation. »

« On savait que c’était inimaginable qu’on n’accepte pas de valoriser cette matière, mentionne Mme Vallières. Je qualifierais le rapport de réaliste et somme toute objectif. Il relève bien les incohérences auxquelles nous avons dû faire face dans la préparation d’obtention de nos certificats. »

Le rapport est la fin d’un processus, mais il reste encore énormément de travail à faire selon Karine Vallières.

Le rapport de 343 pages énonce toutefois plusieurs recommandations qui obligeront Alliance Magnésium à investir un peu plus d’argent afin de les respecter.

« Il y aura des ajustements à effectuer et des investissements supplémentaires nécessaires, admet Mme Vallières. Ce sont des éléments pour la protection des travailleurs. Il n’y a pas de compromis pour nous et ce que ça prend on le fera. Pour l’étape actuelle, on possède déjà les certificats d’autorisations donc il n’y a pas d’impact pour l’instant. »

Alliance Magnésium s’était déjà doté d’un seuil d’exposition aux fibres d’amiante à l’interne de 0,1 f/cm3 alors que la réglementation québécoise est 10 fois supérieur. Le rapport du BAPE implore d’ailleurs que la valeur limite d’exposition des travailleurs devrait être abaissée à 0,1 f/cm3 dans les plus brefs délais pour s’arrimer à la norme fédérale.

Le rapport est la fin d’un processus, mais il reste encore énormément de travail à faire selon Karine Vallières.

« Ça fait le tour de la question sur les orientations à prendre, mais on est loin d’arriver aux objectifs établis dans le rapport, résume-t-elle. Mettre en place une mesure d’analyse pour l’air ambiant et mettre en place en cadre sur la gestion du travail, ce ne sera pas facile. On travaille avec de très grands volumes d’air et les techniques utilisés en ce moment ont vite des limites et on se bute à des contraintes dans la faisabilité. »

Asbestos se donne le temps

La Ville d’Asbestos se donne au moins deux semaines pour évaluer le rapport du BAPE avant de le commenter publiquement. Le comité de restauration et de mise en valeur de la mine Jeffrey analysera également le document.

De son côté la CNESST, écorchée à plusieurs endroits dans le rapport, « regarde toujours le rapport avec attention et réagira si nécessaire dans les prochaines semaines. »