Au marché en plein hiver

SAINT-ADRIEN — Les marchés locaux sont en abondance l’été en Estrie, mais ces rassemblements de producteurs se font plutôt rares en hiver. Les villages de Saint-Adrien et de Saint-Camille ont toutefois choisi d’alimenter leur communauté en produits locaux même en cette période de l’année.

À Saint-Camille, cela fait déjà quelques années que Le P’tit Bonheur accueille le marché organisé par la ferme maraîchère La Clé des champs. Ce sont quatre ou cinq producteurs qui s’y réunissent toutes les deux semaines durant les mois de novembre et décembre pour offrir leurs produits.

« On essaye d’avoir des produits qui se complètent. On a les fromages de la Maison grise, la viande des Sangliers des bois, des produits de l’érable de La Cabane, nos légumes biologiques… », explique Alexandre Cardin-Mercier, copropriétaire de La Clé des champs.

« On fait affaire avec les passionnés », ajoute-t-il.

Si l’abondance de légumes n’est pas la même qu’en été, le marché est tout de même en mesure d’offrir plusieurs produits intéressants.

« Nous avons été les premiers surpris de voir qu’on ne manquait de rien en hiver. On peut avoir des carottes, de la laitue, des choux », souligne-t-il en spécifiant que c’est grâce aux bonnes techniques de conservation que l’on peut avoir accès à cette variété de légumes.

Du côté de Saint-Adrien, ce sera la première fois qu’on offrira un marché d’hiver. Ce dernier aura lieu dans la sacristie de l’église aux deux semaines, et ce, pour toute la saison froide.

C’est Conrad Goulet qui est le coordonnateur et l’instigateur du projet.

« Le marché s’est créé de façon organique, explique-t-il. Il y avait déjà la livraison de paniers biologiques aux deux semaines, puis des gens ont manifesté le désir de cuisiner des plats à vendre, j’ai rejoint quelques producteurs et distributeurs qui se sont montrés intéressés... »

Les gens auront ainsi accès à plusieurs produits de même qu’au Comptoir Saint-Vrac qui permet de se procurer une variété d’aliments tout en respectant l’idée du zéro déchet. C’est d’ailleurs une idée que Conrad Goulet tente actuellement de modéliser afin de la répandre dans les autres villages québécois.

« Avec notre modèle, on peut avoir accès à des produits locaux et biologiques, mais à des prix d’épicerie, ce qui les rend extrêmement accessibles », souligne-t-il.