François Guérin parcourra plus de 2200 kilomètres à vélo.

Atteint du Parkinson, il parcourra plus de 2200 km à vélo

François Guérin aura parcouru plus de 2200 kilomètres à vélo quand il complètera sa petite tournée du Québec d’ici quelques jours. Cette distance est déjà un accomplissement physique impressionnant, mais devient un exploit sachant que M. Guérin est atteint de la maladie de Parkinson.

Lundi, il s’arrêtait au Club de boxe de Sherbrooke, où plusieurs personnes atteintes s’entrainent pour combattre les symptômes de la maladie.

Le cycliste avait déjà fait une traversée du Canada à vélo il y a trois ans, afin d’amasser des fonds pour cette maladie dégénérative qui affecte les mouvements. Ce qui manquait à cette précédente expérience, c’est le contact avec les gens, les personnes atteintes comme lui ou leur entourage.

Avec cette tournée du Québec, M. Guérin souhaite informer la population quant à la maladie, mais il veut aussi propager de l’espoir. La maladie ne l’empêche pas de s’entrainer, et il espère qu’il servira d’exemple.

« J’ai fait Vancouver-Montréal pour amasser des fonds pour la recherche. C’est beau la recherche, mais il ya des gens en arrière de ça. J’ai décidé de faire le tour du Québec pour aller voir les gens chez eux, leur parler et échanger des trucs pour mieux vivre », partage M. Guérin à son arrivée au Club de boxe, ému de voir les gens l’attendre et l’applaudir.

Sa tournée est organisée par l'organisme entraidonsnous.ca et épaulée par Parkinson-Québec et toutes ses branches régionales, telles que Parkinson-Estrie.

« L’important c’est de bouger »

Ces arrêts dans les villes s’inscrivent dans les initiatives de l’organisme Entraidons-nous, qui est là pour parler ouvertement de la maladie de Parkinson et aider les personnes atteintes à développer une meilleure qualité de vie, mais surtout à s’informer et à démystifier problèmes rencontrés.

Celle qui a agi comme hôte pour le cycliste est Andréanne Tanguay, professeure à l’école des sciences infirmières, chercheure en maladie neurodégénérative et directrice coordonnatrice du programme Rock Steady Boxing. Ce programme est de la boxe adapté, pratiqué un peu partout dans le monde.

« Un entrainement en puissance a un effet sur la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie. La boxe a vraiment un effet en contrôlant les symptômes et en améliorant l’énergie et l’endurance. Tous ses fondements sont bénéfiques pour les participants », explique Mme Tanguay.

« On fait pas juste boxer, on travaille à garder les acquis de la personne, l’équilibre, la voix, la dextérité. On travaille sur différents aspects, mais l’important c’est de bouger, peu importe l’activité », ajoute-t-elle.

Andrée-Anne Tanguay directrice  du programme Rock Steady Boxing accompagnée de ses entraineurs associés Simon Benoit et Mylène Desorcy, avec le cycliste François Guérin, atteint de Parkinson.

La mission qu’elle défend est donc directement liée à celle de M. Guérin. Lui, c’est avec le vélo qu’il inspire les gens à se tenir en forme, même dans la maladie

Le programme Rock Steady Boxing vient tout juste de fêter sa première année d’existence. En juin 2017, quatre boxeurs atteints de la maladie de Parkinson s’entrainaient au club de Sherbrooke; maintenant, ce sont plus de 35 combattants qui réduisent les symptômes de la maladie avec les techniques adaptées du programme de boxe.

« Le but est d’échanger des trucs avec la population dans chaque ville, comme ici avec la boxe, je trouve ça plaisant ce qu’ils font. On combat le manque de mouvement, par le mouvement. Plus tu bouges, plus les signaux qui vont aux muscles restent vifs. Dans la tournée, plus ça va, plus il ya des gens qui m’attendent. Le mot se propage et c’est ma récompense », résume M. Guérin.

Pour suivre le périple de François Guérin, on peut consulter la page Facebook  «Entraidons-nous».