Atteint de sclérose en plaques, le Magogois Ghislain Côté a été informé par le CIUSSS de l’Estrie -CHUS que les préposés qui lui rendent visite régulièrement n’ont plus le droit de lui enfiler son mateau de cuir doublé ni ses bottes d’hiver.

Atteint de SP, il déplore que les préposés ne peuvent lui enfiler manteau et bottes

Les limitations physiques avec lesquelles Ghislain Côté doit composer tous les jours sont nombreuses, mais ce Magogois de 53 ans s’efforce de garder le sourire malgré tout. Il avoue cependant avoir bien mal encaissé certaines décisions récentes du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux de l’Estrie (CIUSSS) — CHUS qui le forcent à abandonner le port de vêtements d’hiver qu’il affectionne particulièrement.

Atteint de sclérose en plaques, M. Côté a été informé par le CIUSSS de l’Estrie — CHUS que les préposés qui lui rendent visite régulièrement n’ont plus le droit de lui enfiler son mateau de cuir doublé ni ses bottes d’hiver. Pourquoi? Pour éviter que le personnel se blesse en effectuant ces tâches.

« Mon manteau en cuir est à la fois beau et chaud. Les préposés me l’ont mis pendant quatre ou cinq ans et ça se passait bien. Puis une employée du CIUSSS s’est plainte d’avoir dû faire un effort physique pour réaliser cette tâche et on m’a avisé d’un changement des règles », raconte le Magogois, qui a été chauffeur de taxi et d’autocar à une autre époque.

Ghislain Côté affirme avoir contacté un représentant du CIUSSS pour discuter de son dossier. Mais on a refusé de réviser la décision. « On m’a envoyé une longue lettre pour m’expliquer. Je ne sentais pas qu’il y avait la moindre ouverture par rapport à ma demande. Je réclame un traitement plus humain », explique-t-il.

Le Magogois est d’autant plus déçu de la position adoptée par le CIUSSS qu’il déteste demeurer enfermé chez lui. « C’est impératif que je sorte avec mon fauteuil ou mon quadriporteur. J’aime aller voir mes amis au Tim Hortons. Je suis incapable de rester toujours chez moi. »

Dispendieux

Constatant la situation que vivait Ghislain Côté, une amie de ce dernier a modifié un autre manteau lui appartenant en créant une ouverture à l’arrière pour faciliter la vie à ceux qui l’aident au quotidien.


« On me demande d’avoir des vêtements qui s’enfilent plus facilement et qui sont faits pour des gens dans ma situation. »
Ghislain Côté

Ne possédant toujours pas de « bottes adaptées », M. Côté a par ailleurs commencé à porter des chaussures lors de ses sorties à l’extérieur en dépit de la neige. Il s’est cependant procuré des guêtres en tricot pour ne pas avoir froid aux pieds.

« On me demande d’avoir des vêtements qui s’enfilent plus facilement et qui sont faits pour des gens dans ma situation. Mais c’est cher ce genre de chose et le gouvernement ne me donne pas tout ce que je voudrais. Le prix de ces vêtements, c’est une chose dont ne semble pas tenir compte le CIUSSS. »

Ghislain Côté confie que plusieurs préposés lui rendant visite ont déploré les deux décisions du CIUSSS. « Mais tout le monde doit se conformer, même les employés masculins qui sont habituellement plus forts », souligne-t-il.

Notons que le Magogois reçoit aussi régulièrement la visite d’employés de la Coopérative de solidarité de services à domicile Memphrémagog. Ces derniers n’échappent pas aux règles appliquées par le CIUSSS dans son cas.

Invoquant tous deux la confidentialité des dossiers des usagers, le CIUSSS de l’Estrie — CHUS et la Coopérative de services à domicile Memphrémagog ont refusé de commenter le cas précis du Magogois.

Conseillère en communication au CIUSSS, Geneviève Lemay note toutefois qu’une équipe multidisciplinaire, formée de professionnels divers, est habituellement « interpellée pour s’assurer que l’offre de service est en adéquation avec les besoins » d’un tel usager.

Mme Lemay continue en affirmant que « la sclérose en plaques est une maladie dégénérative qui engendre une évolution de la condition de la personne au fil du temps, tant du point de vue de la mobilité, du tonus musculaire que des capacités à réaliser des activités de la vie quotidienne. Ainsi, les besoins de l’usager évoluent avec le temps. »

Enfin, la conseillère en communication précise que l’organisation à laquelle elle appartient doit s’assurer de la sécurité de son personnel. « Les vêtements adaptés ou les lève-personne, par exemple, sont des moyens à la disposition de personnel pour prêter assistance à un usager de façon sécuritaire », remarque-t-elle.