La direction de la Santé publique de l’Estrie, en collaboration avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) du Québec, a tenu un « briefing technique », à la gare patrimoniale de Lac-Mégantic, mercredi après-midi, concernant la qualité de l’air du parc industriel local. De gauche à droite, Louis Brassard, pdg de Tafisa Canada, Julie Morin, mairesse de Lac-Mégantic, Daniel Savoie, directeur régional de l’Estrie et la Montérégie du ministère de l’Environnement, Éric Lampron-Goulet, médecin spécialiste de la Santé publique de l’Estrie, Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique et médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, Jean Campagna, chef d’équipe technique secteur industriel au MDDELCC, et Gaby Gendron, maire de Frontenac.

Arsenic dans l’air à Lac-Mégantic: la Santé publique se fait rassurante

La direction de la Santé publique de l’Estrie a voulu rassurer la population à propos des inquiétudes sur la qualité de l’air du parc industriel de Lac-Mégantic.

« Nous souhaitons nous montrer très transparents et donner la bonne information. Il n’y a rien d’alarmant! », a lancé la directrice de la Santé publique de l’Estrie, Mélissa Généreux, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, lors d’un « briefing technique » auquel participaient des représentants du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) du Québec, des élus municipaux de Lac-Mégantic et Frontenac et le président-directeur général de Tafisa Canada, Louis Brassard.

Le sujet reposait sur les prélèvements et analyses effectués par trois stations du MDDELCC, de 2014 à 2016, et de septembre 2016 à septembre 2017, où l’une de ces stations, celle du Barrage située à l’est du parc industriel de Lac-Mégantic, a mesuré une concentration d’arsenic dans l’air, de 5,1 ng (nanogrammes) par mètre cube, alors que la norme acceptable est de 3. Rien d’alarmant, même s’il fallait du coup informer le public et prendre certaines mesures.

Une trentaine de résidences étaient impliquées dans le secteur touché, appartenant aux territoires de Lac-Mégantic et de Frontenac. Ces résidants ont d’abord reçu une lettre et ont été rencontrés personnellement afin de les rassurer.

« À cette concentration, il faut être exposé pendant 70 ans pour risquer qu’une personne sur 100 000 développe un cancer du poumon, donc c’est un risque presque nul », a révélé Docteure Généreux.

Une préoccupation chez Tafisa

Même si l’arsenic se retrouve de façon naturelle dans le sol et dans certains aliments, à des quantités très minimes, il peut être plus présent dans des pesticides et dans certains procédés industriels. L’industrie en est généralement consciente, comme le souligne le président-directeur général de Tafisa Canada, Louis Brassard.

« Nous avons pour objectif de toujours collaborer avec les autorités gouvernementales et municipales, questions santé et sécurité, car nous prenons très au sérieux l’avis que nous avons reçu du ministère de l’Environnement. Cela pour nos employés et pour toute notre communauté à proximité », a indiqué M. Brassard. « Nous trouvons rassurante la conclusion de la Santé publique, qui nous a avisés qu’il n’y a aucun risque pour la population en général, pour nos employés et un risque presque nul pour les résidences à l’est du parc industriel. »

Tafisa Canada investit régulièrement dans la mise à jour de ses équipements pour maintenir une qualité maximale de l’air, par le contrôle des rejets de poussières, entre autres. Depuis 2005, l’usine de Lac-Mégantic accepte les résidus de construction et de rénovation, soit le bois recyclé.

« Nous sommes des pionniers en la matière. Il y a une quarantaine de centres de tri et d’écocentres qui nous alimentent en bois recyclé, mais notre matière première principale, ce sont les sciures, planures et copeaux de bois propres. Même si les résidus de bois traité, pouvant contenir de l’arsenic, ne sont pas permis chez nos fournisseurs, il peut il y en avoir sous forme de copeaux qui sont difficiles à éliminer », a admis Louis Brassard.

L’entreprise a investi 17 millions $ pour améliorer l’empreinte écologique de ses méthodes opérationnelles, dont 10 millions $ la dernière année. « Notre usine est la plus moderne quant aux équipements de contrôle des opérations industrielles, dans le domaine. Nous sommes la première usine certifiée ISO 14001, pour les systèmes reliés à l’environnement, un fait d’armes important pour nous! » a-t-il résumé.