L’ancienne usine de la compagnie Difco, à Magog, est évaluée à 200 $. L’évaluateur Jean-Pierre Cadrin considère que son évaluation est juste.

Ancienne usine de Difco : une valeur de 200 $, selon l’évaluateur

Figurant parmi les plus imposants bâtiments de la ville de Magog, l’ancienne usine de la compagnie Difco Tissus de performance est évaluée à seulement 200 $. La situation est décriée par plusieurs, mais l’évaluateur Jean-Pierre Cadrin est formel : l’évaluation foncière de l’immeuble correspond à la réalité.

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, ne veut rien confirmer. Toutefois, elle n’exclut pas que la Ville de Magog demande à la firme Jean-Pierre Cadrin et associés de se pencher à nouveau sur l’évaluation de l’ancienne usine de Difco, dont la fermeture remonte à 2011.

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« Toutes les possibilités sont sur la table en ce moment, lance Mme Hamm. Je veux que ça bouge dans ce dossier-là parce qu’on aimerait que ce site contribue au développement de Magog. »

Concernant l’évaluation municipale du bâtiment, la mairesse de Magog affirme comprendre la frustration de certains citoyens. Elle note en contrepartie que l’expertise de Jean-Pierre Cadrin est reconnue et que la valeur de l’ancienne usine Difco est réduite par différents facteurs.

« Je ne suis pas surprise de voir que des citoyens déplorent l’évaluation de cette bâtisse, lance-t-elle. En même temps, je connais la loi et la mécanique dans ce genre de dossier. On doit en tenir compte aussi. »

Appelé à expliquer la situation, M. Cadrin confie qu’un évaluateur « ne fait pas d’hypothèse. On prend les choses comme elles sont. On ne peut pas présumer qu’un projet rentable arrivera à cet endroit compte tenu du contexte actuel. Les usages autorisés par la municipalité ont changé sur place, après la fermeture de Difco, et ça a une incidence importante sur le dossier. »

Le fait que le terrain soit contaminé influerait également sur la valeur foncière de la propriété. Mais Jean-Pierre Cadrin souligne que la contamination « n’est pas extrêmement grave », contrairement à ce que des gens ont pu véhiculer ou comprendre.

« Pour évaluer un bâtiment industriel, on doit d’abord établir les coûts de construction. On estime ensuite la dépréciation physique ainsi que la désuétude fonctionnelle et économique », explique-t-il.

L’évaluateur souligne que d’autres cas semblables se sont déjà produits dans le passé à Magog. Il cite d’ailleurs l’exemple de la défunte usine de la compagnie Olymel, qui était située en plein cœur d’un quartier résidentiel et qui, aujourd’hui, a fait place à une imposante résidence pour aînés.

« La valeur d’Olymel a baissé à 100 $. À la Ville, on se demandait comment je pouvais arriver à un tel chiffre, qui en réalité est une valeur nominale parce qu’on ne met pas 0 $. Mais, quand le moment de la démolition est arrivé, les coûts ont été beaucoup plus élevés que prévu, ce qui allait dans le sens d’une valeur très faible avant le projet de mise en valeur du site », relate M. Cadrin.

Par ailleurs, Jean-Pierre Cadrin souligne que, malgré les apparences, la faible évaluation d’un terrain n’est pas toujours une bonne nouvelle pour son propriétaire. « Le compte de taxes est peu élevé, c’est vrai. Ce n’est par contre pas nécessairement facile à vendre un terrain évalué à 200 $. »

Notons que la Ville de Magog détient une évaluation marchande de l’ancienne manufacture de produits textile. À ce stade-ci toutefois, impossible de savoir combien d’argent pourrait empocher Anahid Hospitality Management, l’entreprise qui en est propriétaire, advenant une vente.