L’ancienne usine de la compagnie Difco, à Magog, est devenue un bâtiment dangereux pour le public, selon les autorités locales.

Ancienne usine de Difco : rien ne bouge

L’avenir de l’ancienne usine de la compagnie Difco Tissus de performance continue d’alimenter les discussions à Magog. La Ville de Magog aimerait bien que ce site industriel, considéré dangereux par les autorités policières locales, accueille un projet de relance d’envergure. Toutefois, la mairesse Vicki-May Hamm admet que le dossier piétine.

« On a trouvé un promoteur qui voudrait faire quelque chose avec l’ancienne Difco, mais le propriétaire actuel, Armco, ne collabore toujours pas et change continuellement d’idée. Il n’y a donc rien qui bouge », affirme d’entrée de jeu Mme Hamm.

La Ville de Magog souhaite que le large bâtiment industriel accueille des bureaux, des commerces ainsi que des unités d’habitation. « On aimerait en plus que la rive derrière le complexe soit piétonne et cyclable. Et pourquoi pas une passerelle pour traverser la rivière et aller sur la rive d’en face? », demande la mairesse de la municipalité.

Vicki-May Hamm sait que le temps presse si on désire sauver l’ancienne usine. « C’est un bâtiment encore très solide et je ne suis pas d’accord avec ceux qui voudraient qu’il soit jeté par terre. Mais il ne faudra pas attendre trop longtemps avant d’agir. »

« Plus sécuritaire »

Depuis l’arrêt de la production industrielle à cet endroit, de nombreuses personnes se sont aventurées à l’intérieur du bâtiment. Des vols ont été perpétrés et des squatters ont élu domicile sur place. Des feux ont par surcroît été allumés dans l’édifice.

« C’est un bâtiment qui n’est plus sécuritaire de notre point de vue, déclare le lieutenant Sylvain Guay, porte-parole de la Régie de police Memphrémagog. Par exemple, il y a des trous dans les planchers. Nos policiers ont pour consigne de ne pas mettre leur vie en danger en courant après des gens, dans cet immeuble, pour une simple infraction aux règlements municipaux. »

Selon M. Guay, il serait préférable de barricader l’immeuble en attendant qu’un nouveau projet immobilier voit le jour à cet endroit. « Je ne connais pas la règlementation à laquelle sont soumis les propriétaires en ce qui concerne la sécurité du site, mais il est évident que la situation pourrait être améliorée », lance-t-il.

L’ancienne usine de Difco fait partie d’un complexe industriel plus vaste exploité par la compagnie Dominion textile à une autre époque. Au total, ce complexe possède une superficie de 140 000 mètres carrés.

« On travaille sur la question de la sécurité dans tout ce complexe depuis plus d’une année. Le propriétaire de la section où on retrouvait la C.S. Brooks, Roger Marcoux, a bien collaboré, entre autres en bloquant adéquatement plusieurs accès au bâtiment. Du côté de la Difco, des accès ont été sécurisés, mais il reste plus de travail à effectuer », reconnaît Mme Hamm.

Notons que des représentants du Collectif du Quartier-des-Tisserands ont rencontré la mairesse de Magog au cours des derniers jours. Vicki-May Hamm est sortie satisfaite de sa première rencontre avec ce groupe, qui aspire à sauver l’énorme bâtiment patrimonial.