La résidente et excellente buteuse de 84 ans Adrienne Tétreault voit cette activité de hockey comme une véritable période de bonheur.

Ambiance d’aréna au CHLSD

Le glissement de la rondelle sur la glace. L’odeur et la sensation du froid sur les doigts. Le hockey est bel et bien vivant au CHSLD de Windsor. Le rêve est devenu réalité pour Charles Lachance, technicien en loisirs au CHSLD de Windsor et Richmond: rassembler les résidents autour d’une patinoire sur table portative qui contient la plus petite glace au monde selon lui.

Fabriquée à la main, la patinoire mesurant 180 cm sur 40 cm contient une glace de 5 cm d’épaisseur maintenue artificiellement à moins 24 degrés Celsius. Elle a été conçue par Charles Lachance et Jean-François Fredette, ouvrier d’entretien général au CSSS du Val-Saint-François.

« Le plus gros défi dans la fabrication de cette patinoire a été de trouver un partenaire pour régler notre problème de réfrigération. Kévin Robichaud, un frigoriste que l’on connaît bienm s’est impliqué volontairement. C’est grâce à lui si l’on a pu réaliser notre rêve d’inventer une table glacée à l’année », affirme l’instigateur du projet.

Le but ultime de l’activité ponctuelle est d’avoir du plaisir. « Le hockey sur glace est le sport national au Canada et les résidents adorent le hockey. Ce jeu et la vraie glace créent une magie chez les joueurs et leur famille. Les proches sont touchés lorsqu’ils voient l’étincelle s’allumer dans les yeux de leur proche qui, parfois, vit des absences », mentionne Charles Lachance.

Il cite l’exemple d’un résident vivant avec un déficit cognitif et qui jouait au hockey à une époque. « Il devait être un défenseur, car son sens inné de vouloir protéger son but est très présent. La chimie que le jeu apporte nous donne des étincelles de vie pas toujours faciles à provoquer en CHSLD », déclare le technicien en loisirs.

La résidente et excellente buteuse de 84 ans Adrienne Tétreault voit cette activité de hockey comme une véritable période de bonheur. « Ça passe le temps et j’aime ça! Il y en a qui ne pensent qu’à partir. Avec le hockey, ils y pensent moins », mentionne celle qui venait tout juste de voir sa rondelle sortir du but adverse.

La préposée aux bénéficiaires Janick McNeil est convaincue que cette animation fait une réelle différence dans la vie des résidents. « Ils sont moins repliés sur eux-mêmes et sont plus éveillés. Sans savoir exactement quand l’activité revient à l’horaire, ils s’attendent à rejouer au hockey sur table. Les résidents participent beaucoup plus aux activités qui incluent un objet avec lequel ils peuvent interagir », explique-t-elle.

Le principal impact sur les gens est le plaisir du jeu. « On leur donne des étincelles de vie avec des choses qu’ils ont connues avant leur déficit cognitif. L’important est que les résidents s’amusent. Ça amène aussi du bonheur aux familles qui, il ne faut pas l’oublier, peuvent sentir un déficit émotionnel », déclare Charles Lachance, qui croit avoir trouvé avec ce jeu le moyen de toucher une corde sensible.

Le hockey rassemble les familles québécoises depuis des décennies. La magie de la glace y est pour beaucoup dans le succès de ce sport au CHSLD de Windsor. « C’est dans notre génétique, notre ADN. À la résidence, il y a même des chicanes d’aréna ou l’on s’obstine à savoir si le but est bon ou pas. Oui, il y a la patinoire, mais aussi une l’ambiance d’aréna », se réjouit Charles Lachance.