Le député de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, à gauche, a donné une conférence sur l’aide médicale à mourir, aux membres de l’Université du Troisième Âge, chapitre de Lac-Mégantic, récemment, à l’invitation de la présidente de l’organisme, Françoise Turcotte.

Aide à mourir : «Les parlementaires auront à se prononcer à nouveau», croit Berthold

C’est son intérêt pour bien faire son travail de député du comté de Mégantic-L’Érable qui a amené Luc Berthold à s’informer et à se questionner lui-même à propos du sujet chaud de l’aide médicale à mourir. Et surtout à vouloir découvrir ce que ses électeurs en pensent vraiment.

Il l’admet lui-même : «C’est un sujet dont on n’a pas fini d’entendre parler!»

C’est pour cette raison qu’il a commencé à donner quelques conférences sur le sujet. Quand il a rencontré par hasard la présidente de l’Université du Troisième Âge de Lac-Mégantic, Françoise Turcotte, ils se sont entendus sur l’importance du sujet, fort populaire dans le contexte du vieillissement de la population dans la région de Mégantic.

«Je suis certain que les parlementaires auront à se prononcer à nouveau à ce sujet. C’est pourquoi il est important pour moi de me préparer à faire face à un nouveau vote en Chambre. C’est important de me renseigner auprès des personnes que je représente dans mon comté, à savoir ce qu’ils croient et ce qu’ils veulent», confie M. Berthold.

«Ce dossier va amener un jugement qui va forcer les choses à changer. Nous avons voté 18 fois déjà, pour des changements, par bâillon, pour renvois au comité, etc. Nous votons selon nos valeurs, mais aussi selon ce que nos gens pensent. C’est un dossier qui me préoccupe. Il n’y a pas de ligne de partie pour un tel sujet…»

C’est le 17 juin 2016 que le gouvernement fédéral adoptait la loi C-14, modifiant le Code criminel à propos de l’aide médicale à mourir. Depuis, deux citoyens handicapés, qui se sont vus refuser l’aide médicale à mourir, contestent auprès des tribunaux certains critères nécessaires pour l’obtenir.

Tous se souviendront de Robert Latimer qui, par compassion, a mis fin à la vie de sa fille Tracy, gravement handicapée, en 1993. Cette cause a attiré l’attention internationale… et frappé l’imaginaire collectif à la grandeur du Canada.

Robert Latimer était convaincu qu’il n’était pas coupable d’un geste criminel, mais avait été poursuivi en justice, en 1994, reconnu coupable de meurtre au deuxième degré et emprisonné à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Mais après des péripéties judiciaires, incluant un deuxième procès, il n’a obtenu sa libération conditionnelle totale qu’en décembre 2010. Les mentalités ont beaucoup évolué depuis ce temps.

«Je fais le tour, dans ma conférence, de ce que la loi encadre. Et nous réfléchissons… Est-ce qu’elle va assez loin? Qu’est-ce qui manque dans la loi? Qu’est-ce qu’on pourrait y améliorer?», questionne-t-il.

«Je découvre une réelle préoccupation pour les gens qui souffrent d’Alzheimer, entre autres. C’est important d’avoir toute sa tête pour la notion de consentement, malgré les pressions de l’entourage... On parle aussi des nombreuses maladies dégénératives. C’est le devoir de l’état de protéger les plus vulnérables.»

«Dans une famille, il y a souvent un petit vilain qui parle d’héritage et qui veut faire hâter les choses… Ce n’est vraiment pas simple pour le député qui doit voter, oui ou non, entre noir et blanc, ce n’est pas toujours gris… L’important, c’est de toujours prendre en considération l’humain.»

D’après les commentaires de ses membres de l’UTA, la présidente est satisfaite. «Ils m’ont partagé leur satisfaction. Les objectifs de l’activité a été atteint.»