Le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, se réjouit que le traitement ne pourra pas se faire dans le bassin versant du lac Memphrémagog.

Agrandissement du site d’enfouissement de Coventry : des inquiétudes persistent

La décision des autorités du Vermont concernant le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry est plutôt bien accueillie par les intervenants impliqués dans le dossier au Québec. L’agrandissement suscite des craintes, mais l’arrêt prochain du traitement du lixiviat à Newport fait le bonheur de plusieurs.

«On aurait voulu faire fermer le site d’enfouissement de Coventry, mais à la fin on fait seulement ce qu’on peut. Disons que c’est une demi-victoire», résume le président de l’organisme Memphrémagog conservation, Robert Benoit.

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La compagnie Casella Waste Systems et sa filiale New England Waste Services of Vermont possèdent environ 400 hectares de terres à proximité de la ville de Newport, au Vermont. Elles souhaitaient que leur dépotoir à cet endroit s’étende sur une superficie supplémentaire de 20 hectares, ce à quoi la commission environnementale du district sept du Vermont a répondu favorablement mardi.

«C’est vraiment devenu un très gros site d’enfouissement. En plus, on n’a jamais été d’accord avec le fait que ce type de lieu soit implanté tout près du lac Memphrémagog. On est en train de bâtir une bombe à retardement qui affectera les générations futures», affirme Robert Benoit.

Selon les règles en vigueur au Vermont, il est possible de porter la décision en appel. Cette possibilité sera analysée par le MCI, mais l’organisme environnemental ne prendra pas sa décision seul.

«On va discuter avec le groupe Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP) aux États-Unis. On verra avec eux si un appel de la décision est envisageable ou souhaitable.»

La MRC rassurée

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers se montre également ravi de la décision de la commission environnementale au sujet du lixiviat.

«Le traitement ne pourra pas se faire dans le bassin versant du lac Memphrémagog et c’est quelque chose qu’on demandait. On constate que la commission a tenu compte des points qu’on a amenés. C’est plaisant. Les Américains n’étaient pas obligés de prendre en considération nos commentaires», explique M. Demers.

S’il est satisfait de la décision rendue concernant le lixiviat, le préfet de la MRC de Memphrémagog reconnaît que l’agrandissement ne peut être perçu favorablement en Estrie. «Ce n’est pas un plus, ça c’est certain», admet-il sans difficulté.

D’ailleurs, Jacques Demers promet que la MRC de Memphrémagog continuera à s’intéresser de près aux activités de la compagnie New England Waste Services, à Coventry, dans le futur. «Ça fait longtemps qu’on travaille sur ce dossier et on n’a pas l’intention d’arrêter maintenant. C’est le principal dossier lié à l’eau potable qu’on a dans la région. En plus, c’est vrai qu’on parle ici de grandes quantités de déchets», dit-il.

M. Demers estime néanmoins que les méthodes utilisées par New England Waste Services pour enfouir les déchets n’ont rien à envier à celles qu’on retrouve au Québec, bien qu’il reconnaisse qu’une vieille partie du site d’enfouissement de Coventry paraisse plus menaçante.

Notons que le dépotoir vermontois se trouve en bordure de la rivière Black, laquelle coule en direction du lac Memphrémagog. La possibilité que des contaminants provenant du dépotoir migrent un vers le plan d’eau est donc réelle.