Les participants à la manifestation de la CSN ont déroulé leur bannière avec fierté vers 10 h lundi matin.
Les participants à la manifestation de la CSN ont déroulé leur bannière avec fierté vers 10 h lundi matin.

«Action d’éclat» des syndiqués de la santé et de l’éducation

SHERBROOKE — Une vingtaine de membres de la CSN œuvrant dans les services sociaux et le réseau de la santé ont manifesté lundi matin devant le bureau du député caquiste de Richmond, André Bachand, pour signaler leur mécontentement face aux négociations actuelles avec le gouvernement.

Les deux principaux enjeux des négociations sont les conditions de travail et les salaires, ce qui crée un problème de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre, affirment les représentants syndicaux. 

Le Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (SPS-CSHC), le Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Sommets (SPS-CSS), le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie – CHUS (SPACEC) et le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS) étaient sur place. Notons que ces syndicats font tous partie de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Après le dévoilement de l’immense bannière sur laquelle on pouvait lire « Urgence d’agir – Services publics à rebâtir », un représentant par groupe a pris la parole pour dénoncer les mauvaises conditions du secteur public. 

« Les employés de soutien sont les enfants pauvres du réseau de l’éducation depuis très longtemps. Nos demandes sectorielles ont porté davantage sur des solutions pour donner envie aux gens de travailler dans le réseau d’éducation », affirme Julie Bolduc, du SPS-CSHC.

« Curieusement, on n’entend jamais parler du personnel de bureau parce qu’ils travaillent dans l’ombre. Pourtant, qui sont les premiers visages que les gens voient quand ils arrivent dans les hôpitaux? Ce sont les agentes administratives. On ne reconnait pas assez le travail du personnel administratif », dénonce à son tour Marie-Josée Bélisle, du SPACEC. 

« Dans le réseau des cégeps, il y a 40 % de précarité. C’est immense, et c’est un chiffre qui augmente chaque année. La précarité pour les profs, c’est poison, ça nous tue à petit feu et ça compromet la qualité de l’enseignement », déplore Mathieu Poulin-Lamarre, délégué syndical du SPECS et enseignant au Cégep de Sherbrooke. 

Comme annoncé lundi, la ministre Danielle McCann quittera la Santé pour remplacer Jean-François Roberge à l’Enseignement supérieur. M. Poulin-Lamarre espère que madame McCann comprendra la situation et posera des actions concrètes. 

Pour le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN, Denis Beaudin, l’offre salariale de 5 % sur trois ans est inacceptable en plus d’être en bas de l’inflation. « Ça fait des années que vous vous appauvrissez, et cette offre est encore un appauvrissement pour les trois prochaines années. Vous méritez pas mal plus que ça! » s’est-il exclamé à la vingtaine de personnes présentes. 

« Il est grand temps que le gouvernement s’assoie à nos tables et négocie avec les représentants syndicaux, et non pendant les conférences de presse. Ça ne fonctionne plus », termine M. Beaudin.

Bruno Vachon, attaché politique d’André Bachand, affirme être bien au courant des négociations en cours. Il ajoute que M. Bachand suivra de près les négociations avec les différents groupes syndicaux. « On espère que le dénouement sera heureux dans les prochains mois et qu’il contribuera à la satisfaction de tous », conclut-il.