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Alexandra Truchot, l’entrepreneure derrière Alex à la campagne
Alexandra Truchot, l’entrepreneure derrière Alex à la campagne

Acheter local... même ses fleurs

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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Chacun à leur façon, ils posent un geste pour l’environnement. À l’occasion du Gala des Prix d’excellence en environnement de l’Estrie qui se déroulera le 26 février, La Tribune trace le portrait de quelques-uns des finalistes.

Offrir des fleurs qui n’ont pas parcouru des milliers de kilomètres avant de se retrouver dans un vase : c’est la mission que s’est donnée Alex à la campagne, l’entreprise fondée par la Magogoise Alexandra Truchot. Si on connaît bien le mouvement slow food, on connaît un peu moins le slow flower, qui semble pourtant vouloir prendre de l’ampleur au Québec.

Il y a quelques années, celle qui habitait Montréal avec son conjoint a eu envie de vivre à la campagne. Le grand saut s’est du même coup accompagné d’une réorientation professionnelle.

« En fait, à l’époque, c’était un peu ce que le monde vit en ce moment avec la pandémie. On avait besoin de plus d’espace, on voulait être plus près de la nature et surtout faire le saut dans l’autosuffisance alimentaire, on voulait avoir un gros potager. On n’avait pas les moyens d’acheter en ville et on ne se voyait pas en banlieue. On a décidé de faire le grand saut, aucun de nous deux n’avait jamais habité à la campagne (...) À côté de ça, j’ai lancé mon idée de ferme florale, mais à la base ce n’était pas pour ça. Je ne pensais pas que j’allais en vivre. » 

Celle qui était rédactrice marketing était tannée d’être devant l’ordinateur et d’être assise toute la journée. Elle suit alors des formations pour devenir fleuriste, mais les fleurs qu’elle commence à faire pousser font dévier quelque peu sa trajectoire. 

Le sceau « local » qu’elle peut apposer rejoint aussi directement ses valeurs. « Pour moi, c’était vraiment important que si je prenais tout le risque de l’entrepreneuriat, il fallait que mes valeurs soient au cœur de mon entreprise. »

« Je voulais aussi comprendre ce que je faisais pousser, comprendre quelle est la vie de la fleur depuis le début. Dans la création florale, je peux mettre plus d’originalité et de créativité, parce que je connais à 100 % ce que j’utilise dans mes bouquets. » 

En faisant pousser ses fleurs dans sa cour arrière, elle peut grandement diminuer son impact écologique. En vue de grandes demandes, elle peut aussi se tourner vers des partenaires qui ont une serre. « Je vais aller chercher des fleurs écoresponsables et produites au Canada. Mon engagement c’est de ne prendre aucune fleur qui vient de l’extérieur du Canada. »

Son offre de Saint-Valentin reposait sur des créations de fleurs séchées. 

L’entrepreneure s’est spécialisée dans l’approvisionnement des mariages. Dans le contexte de la pandémie, elle a dû diversifier son offre. « J’offre des abonnements floraux, c’est comme pour les paniers de légumes et chaque deux semaines pendant l’été, les gens reçoivent un bouquet. J’ai aussi un site web où on peut me commander des bouquets en tout temps et je fais la livraison dans la région de Memphrémagog... »

Alexandra Truchot offre aussi des ateliers de formation. « Ce sera la nouveauté cette année. J’en ai fait un à la fin de l’année, mais j’ai fait une pause parce qu’on ne peut pas recevoir de monde, mais dès le printemps, quand on va pouvoir aller à l’extérieur et respecter les règles, j’ai toute une offre d’ateliers sur la culture et la création. » Alors que l’intérêt pour le jardinage explose, la jeune femme se faisait souvent questionner sur la culture des fleurs. 

Elle souligne d’ailleurs voir un intérêt grandissant pour la question sur les sites liés à ce domaine d’activités. 

« Depuis la dernière année, le nombre de fermes florales qui débutent, c’est très impressionnant au Québec. C’est bien, parce qu’on en manque. »