Pas moins de 2000 vignes de blanc et 4000 de rouge sont en production cette année, auxquelles s’ajouteront 5000 autres vignes d’ici deux ans.

Accord vin et paysages au vignoble La vallée des nuages

Alors que les raisins se faisaient attendre, les propriétaires du vignoble La vallée des nuages, à Danville, ont eu l’idée d’exploiter l’autre atout de leurs 75 arpents de terre, c’est-à-dire la beauté naturelle du site. Ils ont ainsi fait leur place dans l’organisation de réceptions champêtres, une offre maintenant bonifiée par l’arrive tant attendu de leur première cuvée.

« Les réceptions, c’est ce qui nous a permis de survivre », note la copropriétaire Manon Therrien, en précisant que la majorité de la clientèle réserve l’endroit pour des mariages, mais qu’ils ont aussi organisé des anniversaires, des réceptions du temps des fêtes, des réunions de famille ou encore des événements corporatifs.

Mme Therrien, qui est bouchère-charcutière, et son mari Claude Tardif, qui est camionneur local, rêvaient depuis plus de 30 ans de posséder un verger. Toutefois, après avoir voyagé en Italie, ils ont développé un coup de cœur pour la culture du raisin et c’est donc la mise en place d’un vignoble qu’ils ont entrepris lorsqu’ils ont finalement acheté leur terre, il y a sept ans, à Danville.

Sauf que les vignes demandent plusieurs années de patience et d’investissements avant de produire une première récolte, d’où le besoin d’exploiter la terre autrement. 

Au grand bonheur des propriétaires, le service de réceptions champêtres a gagné en popularité, au point où ils ont rapidement dû agrandir leurs installations et en rénover certaines pour leur permettre de recevoir aussi l’hiver. « Au début, ça devait être juste trois saisons, on n’avait pas pensé que ça marcherait à l’année et on n’était pas isolé, mais dès les premiers événements qu’on a faits, des gens réservaient pour le temps des fêtes », relate Mme Therrien.

Sur mesure et clé en main

Selon la copropriétaire, ce qui les distingue est que leur offre est très flexible et personnalisée, puisqu’il n’y a pas de proposition de base : chaque événement est organisé de A à Z avec le client. « On regarde le budget de la personne et ce qu’elle aimerait avoir, et on fait des propositions à partir de ça, tant que ça reste réaliste. Il y en a qui se marient avec un bar à pâtes et d’autres avec un flambé aux tables... Il y en a aussi qui arrivent en parachute ou qui demandent des feux d’artifice, et d’autres gardent ça vraiment simple », explique-t-elle.

Dans tous les cas, continue-t-elle, c’est un service clé en main qui est offert, et parce que les installations et l’équipement sont déjà sur place et qu’ils assurent le service de traiteur, il n’y a pas de frais de location, alors ils peuvent se permettre d’offrir un prix compétitif. « Pour nous, tous les événements sont égaux, peu importe le portefeuille du client. On a déjà eu par exemple une fille de 19 ans qui a organisé le 25e anniversaire de mariage de ses parents, et elle n’était pas moins importante que si on recevait le président d’une grande compagnie... Pour nous, que notre personnel serve un filet mignon ou des pâtes, ça ne fait pas de différence! »

Le fait qu’un si grand terrain leur appartienne présente aussi plusieurs avantages. D’abord, ils y élèvent des animaux et cultivent différents produits sur place, donc ils ont accès à des ingrédients frais et locaux. Ensuite, cela permet de donner un accès unique à leurs visiteurs, qui peuvent arpenter le domaine à leur guise et le faire sans couvre-feu, sans risquer de déranger le voisinage.

En outre, Mme Therrien offre un service de raccompagnement sous la même forme que celui de Nez rouge afin que les invités puissent festoyer tant qu’ils le veulent.

« On est une entreprise familiale - c’est nous, les propriétaires, qui recevons-, donc on a une plus grande capacité à s’adapter et à personnaliser le service », résume la copropriétaire, en ajoutant que de chercher à répondre aux idées folles des clients met du piquant dans son travail.

Le bâtiment utilisé l’hiver peut accueillir jusqu’à 100 personnes, une capacité qui est doublée l’été grâce à l’installation du chapiteau.

Du vin, enfin!

Même si le service de réception fonctionne mieux que prévu, le couple n’a pas perdu de vue son rêve vinicole - bien au contraire, puisqu’il célèbre l’arrivée de la première cuvée, au grand bonheur de Mme Therrien qui a toujours trouvé qu’« un vignoble pas de vin, ça fait drôle! ». Cette cuvée 2018, dévoilée en juin dernier, compte environ 2500 bouteilles de vin rouge.

L’offre du vignoble sera plus variée dès l’an prochain puisqu’environ 2000 vignes de blanc sont en production cette année, en plus des 4000 de rouge. Toutefois, les vignes blanches ne serviront pas à produire du vin blanc mais plutôt du vin orange, une variété encore rare qui gagne en popularité.

« Le vin orange est fait avec un raisin ‘’surmûri’’ sur grappe : on le récolte quand on voit le pépin à travers, quand la peau devient mince et translucide, parce que ça signifie que le soleil a fait griller la chaire du raisin. Mais ce n’est pas un vin nécessairement plus sucré, comme les vins desserts ou les cidres de glace », précise Mme Therrien. Le fruit subit ensuite la même fermentation que le vin rouge, soit une macération avec la peau, ce qui procure au vin sa coloration orangée particulière.

Si le couple a décidé de se lancer dans ce créneau encore peu exploité, c’est aussi dans l’idée d’intégrer davantage leur fils, Philippe Tardif, à l’entreprise. Ce dernier, qui contribue déjà au développement du domaine grâce à son métier de charpentier-menuisier, est celui qui assurera la relève à La vallée des nuages. « Il collabore déjà beaucoup avec nous et il a des idées plus jeunes, indique Mme Therrien. Quand il m’a parlé du vin orange, je ne savais même pas que ça existait! Alors on innove et on lui laisse matière à développement pour quand il va prendre la relève, quand on va être un peu plus vieux. »