Les citoyennes Joane Roy, Francine Grondin et Marie-Claire Grégoire  ont décidé d’intenter une poursuite contre la Corporation Ski & Golf Mont-Orford, la SÉPAQ et le ministre Pierre Dufour. Elles sont accompagnées de Me Michel Bélanger, spécialiste en droit de l’environnement.
Les citoyennes Joane Roy, Francine Grondin et Marie-Claire Grégoire  ont décidé d’intenter une poursuite contre la Corporation Ski & Golf Mont-Orford, la SÉPAQ et le ministre Pierre Dufour. Elles sont accompagnées de Me Michel Bélanger, spécialiste en droit de l’environnement.

Accès au mont Orford : trois citoyennes intentent une poursuite

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Le projet de tarification pour les marcheurs du Mont-Orford prend une tournure juridique avec le dépôt d’une poursuite civile en Cour supérieure de la part de trois citoyennes de la région. Marie-Claire Grégoire, de Magog, ainsi que Joane Roy et Francine Grondin, de Sherbrooke, poursuivent le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Pierre Dufour, la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), ainsi que la Corporation Ski & Golf Mont-Orford, gestionnaire du centre de ski et du terrain de golf.

Les trois femmes se décrivent comme des adeptes de la marche en milieu naturel,. En tant que membres de la SÉPAQ, elles estiment que leurs droits d’accès au parc national du Mont-Orford seront brimés par l’instauration d’une tarification, comme le prévoit la Corporation. Cette tarification représente, selon elles, « une privatisation déguisée » du parc du Mont-Orford, alors qu’il s’agit d’un bien public « qui appartient à tous les citoyens ».

Elles déplorent notamment que les droits d’accès qu’elles ont payés en se procurant leur carte de la SÉPAQ ne soient pas reconnus. »C’est vraiment enrageant d’avoir encore à se battre pour pouvoir bénéficier de l’un des rares espaces accessibles, dont le statut de parc national aurait dû suffire, à lui seul, à éviter que les gestionnaires en limitent l’accès », a déclaré Francine Grondin durant un point de presse, tenu à Orford vendredi. Les trois citoyennes étaient accompagnées de Me Michel Bélanger, spécialiste du droit en environnement. Me Bélanger a été un membre actif dans le mouvement de contestation qui a fait reculer le gouvernement Charest dans le dossier de la privatisation du parc, il y a une dizaine d’années.

La poursuite, confiée à Me Sébastien Poirier, demande au tribunal d’ordonner à la Corporation de permettre aux détenteurs de cartes de la SÉPAQ d’avoir accès au parc du Mont-Orford sans aucuns frais, y compris celui de se stationner. Elle demande également qu’elle cesse de publier sur son site internet et sur les pancartes du centre de ski, qu’elle a le pouvoir de limiter l’accès aux détenteurs d’une carte de la SÉPAQ.

Elle demande enfin au ministre Dufour et à la SÉPAQ de « cesser de tolérer que la Corporation interdise l’accès ou impose une double tarification sur les terrains situés à l’intérieur des limites du parc ».

Invité à réagir, le président de la Corporation et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley,, Jacques Demers, a nié le fait que l’organisme veuille imposer une double tarification « Nous l’avons dit publiquement et nous avons même publié une lettre ouverte dans les journaux : ce n’est pas dans notre intention de faire payer les détenteurs de la carte de la SÉPAQ »

Pour ce qui est des pouvoirs de la Corporation, autres que ceux touchant le golf et le ski, M. Demers soutient que la Corporation s’est assuré d’obtenir au préalable l’autorisation du Ministère ainsi que de la SÉPAQ.  

Prévu pour entrer en vigueur à compter du 20 juin, le projet de tarification pour les marcheurs du Mont-Orford a été repoussé au 20 juillet. Un comité de travail sur le financement du Mont-Orford a été créé afin de trouver des solutions et des alternatives au financement des opérations liées à la montagne.