Catherine Gagnieux est la fondatrice du Sanctuaire pour animaux de l’Estrie situé à Potton. Le refuge compte actuellement 17 pensionnaires.

À la rescousse des animaux

Une arche de Noé pour animaux de ferme. Voilà comment on pourrait décrire en quelques mots la propriété de Catherine Gagnieux, une ancienne citadine recyclée en éleveuse, à Potton.

Mme Gagnieux a dirigé une garderie durant 35 ans dans la région de Montréal. Elle ne connaissait pratiquement rien à l’élevage d’animaux jusqu’à récemment. Pourtant, elle a décidé de fonder le Sanctuaire pour animaux de ferme de l’Estrie (SAFE), qui compte actuellement 17 pensionnaires.

Concrètement, l’aventure entreprise par la fondatrice du SAFE a démarré il y a moins de deux ans. « Je suis arrivée à Potton en 2016. Puis, en mai 2017, j’ai reçu un appel d’une employée du Human Society International, un organisme pour lequel j’avais été bénévole. Trois cochons industriels s’étaient enfuis et étaient restés dans la nature pendant un mois. Elle leur cherchait un domicile. Je n’ai pas pu dire non », raconte-t-elle.

À l’époque, Catherine Gagnieux mijotait déjà le projet de créer un refuge pour animaux de ferme, mais elle était loin d’être prête à se lancer. « Je n’étais pas si avancée dans ma préparation. On a tout préparé très vite pour les recevoir. J’avoue que je me suis demandé ce que j’avais fait là quand j’ai vu les cochons en question, dont la taille était impressionnante. »

Dans les semaines et mois qui ont suivi l’arrivée des trois porcs, Mme Gagnieux a découvert qu’il est relativement simple d’élever de telles bêtes. « Je me suis aperçue qu’il fallait seulement que je les aime et que je les nourrisse », note-t-elle, tout en avouant avoir suivi une courte formation et visité des fermes au cours de la phase de démarrage du SAFE.

Le refuge héberge non seulement des cochons, mais également des poneys, des bovins, des chèvres et plus encore. Les bêtes sont réparties à l’intérieur d’une série d’enclos et de petits bâtiments pouvant les abriter en période hivernale ou lors d’intempéries.

Un point tournant

Lorsqu’on s’intéresse au projet de la fondatrice du SAFE, une question vient rapidement à l’esprit : pourquoi une directrice de garderie décide-t-elle soudainement de quitter la métropole pour s’installer en campagne et ouvrir un refuge pour animaux?

« En 2015, un de mes fils est mort dans un accident de moto à l’âge de 29 ans. J’ai eu besoin de donner un sens à ma vie après ça et, justement, j’ai lu le livre My Gentle Barn, qui parle d’un projet très réussi de refuge aux États-Unis. Ça m’a inspirée et, tranquillement, l’idée de mettre moi aussi sur pied un tel lieu a commencé à germer dans ma tête. »

Soulignant avoir un faible pour l’Estrie depuis longtemps, Catherine Gagnieux affirme avoir cherché pendant plusieurs mois avant de dénicher la propriété parfaite pour son projet. Le terrain en question s’étend sur 25 hectares. Il est partiellement boisé et est bordé par la rivière Missisquoi.

Son projet lui a coûté environ 100 000 $ jusqu’à présent. Mais, pour éviter d’être la seule à payer, elle recueille des dons pour financer les activités du SAFE. Une quarantaine de personnes s’impliquent par ailleurs bénévolement au sanctuaire. Cela peut sembler un nombre important, mais la fondatrice de l’organisme note qu’elle demeure à la recherche de bénévoles.

« Comme des chiens »

Au fil des semaines, Mme Gagnieux a appris à mieux connaître les animaux hébergés par son organisme. Elle constate que ses pensionnaires sont « sensibles » et qu’ils aiment la présence humaine.

« Je ne les traite pas comme si c’était des animaux de ferme. Je constate qu’ils agissent de la même façon que les chiens ou les chats », remarque-t-elle.

La fondatrice du SAFE soutient qu’il est important que la population soit sensibilisée au sort réservé aux animaux de ferme. « Les gens doivent savoir ce qui se passe dans les abattoirs, où les techniques utilisées présentent souvent des problèmes éthiques. On est tous responsables de ce qui arrive en ce moment. D’ailleurs, les fermiers ne sont pas fautifs : ils ne font que répondre à la demande », explique-t-elle.

Sans surprise, Catherine Gagnieux confie être devenue végane ces dernières années. Et elle aimerait qu’un nombre grandissant de personnes effectuent ce choix également. « Pour des raisons éthiques et écologiques, je crois que c’est important de cesser de manger de la viande. Mais je suis prête à laisser le temps aux gens de cheminer pour arriver à ça. La population a été sous hypnose on dirait. »