Le lavage des mains représente une mesure simple et efficace de réduire le nombre d’infections nosocomiales (contractées durant un séjour à l’hôpital) chez les patients. Les membres du personnel du CIUSSS se lavent les mains 77 % des fois où ils le devraient.

77 % des employés du CIUSSS se lavent les mains

Les employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS se lavent les mains 77 % des fois où ils le devraient. Ils ont ainsi dépassé la cible que le ministère de la Santé et des Services sociaux a fixée à 75 % pour le 31 mars prochain. L’objectif ultime est d’atteindre 80 %.

« Nous avions un taux de 58 % de réussite au 31 mars dernier, qui est passé à 77 % au 15 septembre », précise Josée Vachon, chef du service prévention et contrôle des infections au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Au 31 mars dernier, la moyenne des hôpitaux québécois était à près de 60 % de taux de réussite. Certains établissements affichaient des taux très bas (28,2 % au CIUSSS de la Capitale-Nationale) et d’autres, plus élevés (77,7 % au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal).

Le lavage des mains représente une mesure simple et efficace de réduire le nombre d’infections nosocomiales (contractées durant un séjour à l’hôpital) chez les patients.

Dans ce contexte, pourquoi les membres du personnel soignant peinent-ils à le faire?

« La principale raison, c’est le manque de temps. Ça va vite, les gens sont pressés. Ils ne prennent pas le temps ou bien ils oublient. C’est aussi simple que ça », explique Mme Vachon.

Le lavage des mains peut se faire à l’aide des mousses alcoolisées que l’on retrouve dans des distributeurs ou encore à l’eau et au savon.

« Certaines bactéries, comme la gastroentérite, sont résistantes aux mousses alcoolisées », nuance toutefois Mme Vachon.

Notamment lorsqu’il y a des éclosions dans certaines unités, le personnel n’aura donc d’autres choix que de se rendre au lavabo le plus proche.

« Ça peut être à trois ou quatre portes à côté, mais on insiste. Il faut le faire », ajoute-t-elle.

Avant et après la visite au patient

Le lavage des mains devrait être fait par les membres du personnel qui donnent des soins actifs avant qu’ils arrivent au chevet du patient et à la sortie de sa chambre également. Ce sont les deux moments qui sont audités par le MSSS.

Pour aider le personnel, de nombreux distributeurs de mousse alcoolisée ont été installés dans les installations. Mais dans certains milieux, c’est plus difficile...

« Pour le MSSS, les milieux de vie comme les CHSLD ne doivent pas ressembler à des milieux cliniques. Certains auditeurs nous font donc enlever les boîtes de mousse alcoolisées à l’entrée des chambres pour enlever cet aspect clinique. Et nous, on doit gérer ça avec les questions d’hygiène... », ajoute-t-elle.

Des projets-pilotes ont été faits, notamment en fournissant des bouteilles de 50 ml de mousse alcoolisées que les membres du personnel portaient à la ceinture. « Ç’a été un beau succès et ça pourrait faire partie de nos recommandations », soutient Mme Vachon.

À une époque, le port des gants était omniprésent. C’état aussi une mauvaise pratique.

« Le port des gants est nécessaire dans certaines circonstances. Mais les gens ressentent une fausse sécurité. Ils se protègent eux-mêmes, mais ils oublient qu’ils peuvent contaminer autour d’eux en touchant les objets avec leurs gants. Il y a aussi le fait que les gants, même s’ils sont de bonne qualité, peuvent présenter des microfissures, qui sont suffisantes pour laisser passer des bactéries ou des pathogènes. Il doit quand même y avoir un lavage des mains après avoir porté des gants », explique Josée Vachon.

Une priorité au CIUSSS

L’hygiène des mains est devenue une priorité organisationnelle au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, ce qui a permis de mettre en place un large groupe de travail pour faire passer le message à tous les niveaux et jusqu’à la base bien sûr, là où les soins se donnent au quotidien.

« Nous faisons des audits régulièrement, avec la collaboration notamment de nos chefs d’unité », soutient la chef de service.

Des tableaux sont affichés dans les différentes unités du CIUSSS depuis quelques mois, à la vue de tous : on peut y voir le taux de lavage des mains ainsi que le taux d’infections nosocomiales.

En ce sens, le MSSS demande que les taux soient rendus publics une fois par année. Le CIUSSS a plutôt décidé de les rendre publics chaque trimestre et de remettre des prix à ses unités les plus performantes et à celles qui ont connu la meilleure progression.

« Nous avons créé une saine compétition entre les unités, entre les installations. Personne ne veut être le dernier », commente Mme Vachon.

« Nous avons un plan d’action sur trois ans, comme tous les établissements de santé du Québec. La cible ministérielle est d’atteindre 80 % », ajoute-t-elle.