75 nouveaux lits de débordement en Estrie

Les salles d'urgence des quatre hôpitaux du CIUSSS de l'Estrie - CHUS (Hôtel-Dieu et Fleurimont à Sherbrooke, Memphrémagog et Granby) débordent depuis plusieurs semaines et la direction a dû mettre en place des mesures temporaires pour répondre à la crise. Vendredi, 75 lits de débordement répartis dans 12 CHSLD et deux ressources non institutionnelles du territoire du CIUSSS de l'Estrie - CHUS ont été ouverts.
À cela s'ajoutent 63 lits de débordement de courte durée qui sont actuellement ouverts dans les hôpitaux du territoire, tout ça dans le but de permettre des hospitalisations urgentes à l'Hôpital Fleurimont et à l'Hôtel-Dieu. Par exemple, jeudi matin, plus de 35 patients étaient en attente d'hospitalisation depuis 24 heures dans les deux hôpitaux sherbrookois.
Pour libérer des places, des personnes âgées qui occupaient des lits et qui étaient en attente d'une place en CHSLD ont été transférées dans des CHSLD où des lits ont été déployés en surcapacité pour les accueillir dans un environnement adapté à leurs besoins.
Le CHSLD Saint-Joseph à Sherbrooke est celui qui absorbera le plus grand surplus, alors que 20 lits de surcroît ont été ouverts. « C'est en raison des espaces physiques qui le permettent », explique Annie-Andrée Émond, responsable des communications au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.
Ainsi, des aînés seront logés dans des salons par exemple, des pièces où les aînés se réunissaient pour des activités de loisirs. « Ce sont des environnements non habituels, mais avec tout l'équipement nécessaire pour assurer des soins sécuritaires et de qualité », explique le Dr Stéphane Tremblay, directeur général adjoint au programme de santé physique générale et spécialisée. « Nos services techniques s'assurent de faire des modifications pour que ces pièces ressemblent le plus possibles aux milieux de vie habituels », ajoute Annie-Andrée Émond.
Des patients vraiment malades
L'hospitalisation des patients n'est pas uniquement occasionnée par l'influenza et la gastroentérite comme c'est habituellement le cas en cette période de l'année, ajoute le Dr Tremblay. « Les patients qui sont sur civières sont malades et ont besoin d'être là. Le vieillissement de la population met de plus en plus de pression sur l'organisation du système de santé avec le temps », concède le Dr Tremblay.
Pression sur le personnel
« Nous tenons à souligner les efforts extraordinaires qui sont faits par tout notre personnel et nos médecins afin de trouver des solutions aux besoins des usagers dans un contexte de demande de services sans précédent », ajoute le Dr Tremblay.
L'ouverture de ces nombreux lits supplémentaires met en effet beaucoup de pression sur le personnel qui oeuvre au chevet des malades. « On remercie tout ceux qui acceptent de faire du temps supplémentaire. Nous avons encore l'obligation de recourir parfois au temps supplémentaire obligatoire et ça, c'est moins chouette et nous le savons. Dans certains milieux, on fait aussi appel à de la main-d'oeuvre indépendante. Grâce à tout ça, on réussit à maintenir les services partout sur le territoire », explique Dr Tremblay.