Les statistiques de l’Estrie ne sont ni meilleures ni pires que celles compilées pour l’ensemble du Québec, mais le Québec fait mauvaise figure sur le plan national lorsqu’il est question de santé buccodentaire des aînés.

33 % des aînés estriens sont édentés

En Estrie, 33 % des aînés sont édentés. Au Québec, plus d’une personne sur cinq (21 %) ne fait pas tremper sa prothèse dans une solution adaptée une fois par semaine, tel que recommandé par les professionnels, et, plus inquiétant, 11 % des répondants ne nettoient jamais leurs prothèses en profondeur. Des lacunes en matière de soins buccodentaires sont observées en Estrie comme dans le reste du Québec.

Dans le cadre du Mois de la santé buccodentaire, en avril, l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ) a dévoilé récemment un sondage Léger portant sur la perception des Québécois, et plus particulièrement des aînés, envers leur santé buccodentaire. Les données de ce sondage démontrent des lacunes en matière de soins buccodentaires et des inégalités face à la perception de la condition dentaire.

Les statistiques de l’Estrie ne sont ni meilleures ni pires que celles compilées pour l’ensemble du Québec, mais le Québec fait mauvaise figure sur le plan national lorsqu’il est question de santé buccodentaire des aînés.

« Les soins préventifs sont pratiquement inexistants dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée et au Québec, nous sommes pas mal au dernier rang en terme de soins buccodentaires », explique Rachel Beaudry, membre de l’OHDQ ayant pratiqué comme hygiéniste dentaire pendant 40 ans notamment auprès de la clientèle aînée, et ce, tant en résidence privée qu’en CHSLD.

« On parle d’une clientèle très vulnérable, de gens qui ont souvent un système immunitaire très faible et qui s’expriment parfois difficilement. Le manque de soins buccodentaires peut rapidement mener à des situations dramatiques », souligne Mme Beaudry, qui se souvient d’une personne âgée qui est décédée des suites d’une septicémie.

« La personne âgée est morte à la suite d’une ingestion massive de bactéries. Les prothèses dentaires de cette personne n’avaient pas été enlevées ni nettoyées depuis plusieurs années », se désole Mme Beaudry ajoutant que de multiples cas de pneumonies d’aspiration causées par les bactéries buccales sont aussi comptabilisés au Québec.

« Lorsque les gens arrivent en CHSLD, plus de 75 % ont des caries dentaires. D’autres ont des lésions au niveau de leur prothèse dentaire », note Mme Beaudry, qui a passé une partie de sa carrière à éduquer le personnel des établissements privés et publics pour personnes âgées.

« Nous souhaitons que l’hygiéniste dentaire fasse partie de l’équipe de soins multidisciplinaire au même titre que la nutritionniste, l’infirmière, les préposés, par exemple », insiste-t-elle, ajoutant que seulement 5 % environ des gens en CHSLD ont des assurances dentaires ou sont couverts par la politique des frais particuliers.

« C’est difficile, car on ne peut pas déplacer cette clientèle. On doit donc rentrer dans les centres », raconte Mme Beaudry mentionnant que sa plus vieille patiente dentée avait 107 ans et était très fière de sa dentition. Une exception.

Sinon, au sein de la population estrienne en général, seulement 60 % de la population affirme se brosser les dents deux fois par jour et 55 % des Estriens estiment avoir une excellente ou une très bonne santé buccodentaire.

Au Québec, 74 % des personnes âgées de plus de 65 ans estiment que les milléniaux ont des dents plus belles et en meilleure santé que celles de leur génération. La condition dentaire des milléniaux suscite l’envie des 65 ans et plus, mais aussi des 55-64 ans, qui considèrent à 59 % que la nouvelle génération a une meilleure dentition que la leur.