Pendant près de quatre heures, les citoyens ont défilé au micro pour interroger les représentants de sept ministères et de la CNESST.

200 personnes à l’ouverture du BAPE sur l’amiante

Quelque 200 personnes se sont présentées mercredi soir, à Asbestos, à la première audience publique du BAPE dans le cadre de son enquête sur l’amiante et les résidus miniers amiantés.

Des représentants de sept ministères (Environnement, Santé, Ressources naturelles, Économie, Affaires municipales, Transports, Éducation) et de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) étaient présents pour répondre aux questions du public. Cette commission d’enquête est présidée par Joseph Zayed, secondé par les commissaires Marie-Hélène Gauthier et Pierre Magnan.

Pendant près de quatre heures, les citoyens ont défilé au micro pour interroger les nombreux intervenants.

Plusieurs questions portaient sur les façons utilisées par le gouvernement pour analyser la présence de fibres d’amiante dans l’air ambiant.

« Dans son rapport sectoriel, le ministère de l’Environnement affirme que la détermination des concentrations en fibres d’amiante serait complexe et il affirme même qu’il n’y aurait pas de méthode précise pour l’échantillonnage de l’amiante dans l’air ambiant extérieur et qu’il faudrait alors adapter les méthodes développées par l’hygiène industrielle. Est-ce que cela revient à dire que le travail effectué jusqu’à aujourd’hui par le ministère et les nombreuses exigences imposées par celui-ci ne seraient pas fondés? » a demandé un citoyen.

Après plusieurs réponses contradictoires, les commissaires ont questionné les représentants du MELCC quant à leur capacité à mesurer le taux d’amiante dans l’air.

« J’ai un inconfort à l’heure actuelle puisque le ministère de l’Environnement nous indique que la méthode de microscopie optique à contraste de phase (MOCP) n’est pas tout à fait fiable alors que la CNESST nous dit que c’est la méthode qu’elle utilise... On va devoir clarifier cela. C’est très important comme question », a fait valoir le président de la commission.

Sa collègue commissaire a également souligné à quelques reprises la difficulté d’obtenir des réponses claires de la part des différents intervenants.

« L’encadrement de l’amiante en tant que contaminant ou pas n’est vraiment pas clair. Préparez-vous demain puisque nous allons y revenir », a prévenu Marie-Hélène Gauthier, après avoir été forcée de demander plusieurs précisions.

Le projet industriel Magnola, la présence d’amiante dans le pavage — le MTQ évalue que 1023 km de routes sous son autorité sont construites de bitume amianté —, la gestion des sols contaminés, les conditions des travailleurs de la construction et de la voirie de Thetford Mines sont tous des sujets qui ont été abordés.

À certaines occasions, les réponses n’ont pas semblé satisfaire les personnes présentes à l’audience. « N’oubliez pas qu’il s’agit d’une introduction ce soir », a prévenu le président Joseph Zayed, avouant lui-même avoir plusieurs questions en suspens par rapport aux sujets abordés mercredi soir.

Rapport sectoriel du ministère de l’Environnement

La première audience du BAPE a commencé par la présentation du rapport sectoriel du ministère de l’Environnement. À la fin de sa présentation, le représentant du MELCC, Pierre Walsh, a conclu que le ministère est en faveur du développement d’un cadre général de valorisation des résidus miniers amiantés qui prend en compte la sécurité de la population et de l’environnement. Le Ministère a refusé toute demande d’entrevue pour expliquer sa position mercredi soir.

Les audiences publiques se poursuivent à Asbestos jusqu’à vendredi. Elles se déplacent ensuite à Thetford Mines du 10 au 12 décembre. Les six autres ministères concernés par l’enquête y présenteront un rapport sectoriel. Des rencontres sectorielles avec des personnes-ressources ministérielles, chercheurs, municipalités et citoyens, patronat et travailleurs auront ensuite lieu du 14 au 22 janvier. Le deuxième volet des audiences publiques, visant cette fois à entendre des positions, opinions et points de vue, débutera le 18 février. La ville où elles se tiendront sera annoncée en janvier, en fonction de l’endroit d’où proviendront le plus de mémoires. La commission d’enquête doit remettre son rapport au plus tard le 24 juillet 2020.