20 ans après le verglas: le roi des forêts avait tenu le coup

Martinville - Si le grand verglas de 1998 a fait mal aux acériculteurs, les producteurs de sapins de Noël de la région peuvent dire qu'ils l'ont échappé belle.

Âgé de sept ans seulement lorsque la crise du verglas s'est déroulée en 1998, Jimmy Downey se souvient vivement des évènements malgré tout. « Ça n'a pas affecté tant que ça les arbres, se rappelle le président de l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec. Ces variétés de sapins sont faites pour pousser dans ces conditions-là. »

La composition des branches de sapin est plus propice pour assumer le poids de la neige que celles des arbres feuillus. Les aiguilles sont fines, ce qui empêche que la neige s'accumule et brise l'arbre sous son poids.

M. Downey explique que la neige s'accumule moins sur les aiguilles que sur les feuilles, « ce qui fait en sorte que les branches brisent moins facilement. Les sapins de variété Baumier et Fraser sont les derniers à commencer à casser par temps de froid extrême ».

Des sapins couverts de glace

Le producteur Gilles Lavertu, de Weedon, confirme les souvenirs de M. Downey. En affaires depuis 1985, sa production n'a pas été affectée considérablement lors de la tempête qui a secoué la région, même si le phénomène météorologique était impressionnant.

« Il y avait assez de verglas que les sapins étaient couverts jusqu'à terre, relate-t-il d'un ton amusé. La glace tenait les sapins pour ne pas qu'ils cassent. Ça a agi comme un tuteur! »



« Les producteurs de sirop d'érable et de bois mous ont subi des dégâts pas mal plus importants. »
Denis Brouillard

Quant à Denis Brouillard, propriétaire de Rocky Mountain Christmas Trees à Martinville, il estime que les producteurs de la région ont été chanceux. « Globalement, on s'en est sorti pas si pire. »

Une chance non partagée

Alors que les dommages se sont limités à des branches cassées et quelques têtes de sapin en forêt brisées seulement pour les producteurs de sapins de Noël, certaines productions ont été affligées plus lourdement.

« Les producteurs de sirop d'érable et de bois mous ont subi des dégâts pas mal plus importants », se rappelle M. Brouillard, gagnant du plus bel arbre à la Journée champêtre de 2013.

En effet, les pertes en revenus de l'industrie se sont chiffrées dans les dizaines de millions de dollars pour cette seule année. Les dégâts se sont étendus des arbres entaillés aux conduits acheminant la sève. « Ça a pris des années avant que l'industrie s'en remette », conclut M. Brouillard, pleinement conscient de sa chance.

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