Le propriétaire du Provigo de Windsor, François Gauthier, a des options de rechange pour les clients qui auront oublié leurs sacs réutilisables.
Le propriétaire du Provigo de Windsor, François Gauthier, a des options de rechange pour les clients qui auront oublié leurs sacs réutilisables.

« Les gens sont rendus là »

Clients et commerçants ne sont pas outrés de voir les sacs de plastique à usage unique disparaître à jamais dans le Val-Saint-François.

François Gauthier, propriétaire du Provigo de Windsor, est heureux de voir la popularité de cette initiative. Même s’il avait averti ses clients sur Facebook et que les employés rappelaient constamment aux consommateurs que cette mesure arrivait, quelques-uns ont néanmoins été surpris.

« Il y a quelques clients qui n’étaient pas encore au courant, témoigne-t-il. Ça se passe bien, on a des options de rechange pour les dépanner. Il y a un sac réutilisable lavable à la machine qu’on vend 2 $. Sur ce montant, 25 sous iront à une fondation de Windsor pour donner un coup de main. Un concours est actuellement organisé sur Facebook. Les gens vont voter pour la fondation. Actuellement, Théo Vallières va sûrement se retrouver avec le montant du mois de janvier », prévoit M. Gauthier, ajoutant que le sac standard à 99 sous est toujours disponible et que chaque mois, un nouvel organisme profitera du montant amassé.

En moins de deux semaines, il a vendu quelque 500 sacs réutilisables à l’effigie de son commerce. « Il y a une hausse considérable. Ça nous fait un peu plus de 150 $ à donner à une fondation », se réjouit-il.

La mode du zéro déchet est aussi bien implantée au Provigo de Windsor. Si bien que des sacs lavables et réutilisables sont maintenant offerts dans la section des fruits et légumes. Rappelons cependant que les sacs transparents pour ces articles sont toujours permis. « Cette option est de plus en plus populaire, assure M. Gauthier. C’est génial, les gens sont plus consciencieux et j’en suis bien heureux », explique celui qui a réussi à écouler la balance de ses sacs de plastique dans le temps des Fêtes.

Le plus difficile pour les employés du Provigo a été de s’ajuster en vue des livraisons. « On a demandé aux clients d’acheter des sacs réutilisables qu’on met de côté pour eux. Quand on prépare leurs commandes, on va chercher leurs sacs qui sont placés en arrière. On ne veut pas arriver et mettre ça tout croche dans les livraisons. C’est toute une adaptation. Tranquillement, on découvre des petits trucs pour nous donner un coup de main », témoigne M. Gauthier.

Est-ce que le sac de papier est une option? « Le sac de papier n’est pas banni, mais une étude prouve que l’empreinte écologique de la production de sacs de papier est encore plus grande que ceux de plastique. Ce n’est donc pas une solution de rechange », répond M. Gauthier.

Dépanneur

Patrick Labrie, propriétaire du Dépanneur Voisin Vidéo Renaud, n’offre plus de sacs de plastique depuis déjà deux mois. Dans les prochaines semaines, un sac réutilisable arborant le logo de la bannière sera offert. « Ils seront offerts à 35 ou 40 sous. Le but ne sera pas de faire de l’argent avec, mais de le vendre aux clients mal pris au prix coûtant », indique-t-il.

« Les gens sont rendus là, considère-t-il. La plus vieille génération va chialer un peu, mais à part ça, ça va super bien. Les plus jeunes disent tous qu’il commençait à être le temps. »

Pour lui, l’abolition de ces sacs n’est qu’une suite logique des choses. « Avant, on pouvait passer 4000 sacs par semaine. Maintenant, on en passait 1000 par mois. Les gens étaient déjà sensibilisés. »

Les citoyens de Windsor rencontrés par La Tribune dimanche n’avaient pas l’air outrés de faire leurs emplettes, munis de leurs sacs réutilisables. « On vit bien avec ça. Le sac réutilisable est facile à porter dans une bourse ou dans une poche. On sort et on a toujours un sac qui fait l’affaire », exprime la conseillère municipale Solange Richard, croisée à la sortie du supermarché.

« Ça fait longtemps qu’on l’utilise, poursuit-elle. On en a assez dans l’auto pour fournir une autre personne! Quand on l’oublie, on en achète un autre. »

Son conjoint, Michel Richard, se considère sensible à la cause de la Terre. « Avec tout ce qui se passe dans le monde, on est plus conscients pour la planète », exprime-t-il.

« C’est correct qu’ils aient arrêté ça, pense pour sa part Louise Bibeau. Avant, j’oubliais mes sacs dans l’auto, je n’en tenais pas compte. Je prenais des sacs de plastique et je les jetais. J’avais beaucoup diminué, mais là, je n’en ai plus du tout. Je fais ma part pour l’environnement. Il le faut! Un reportage à la télévision m’a sensibilisée. »