Céline Gendron (en avant), une ancienne usagère du Partage Saint-François, a inauguré jeudi la nouvelle maison de transition pour femmes itinérantes en compagnie de l’intervenante responsable de l’endroit Sandra Boutin et du directeur général du Partage Saint-François Sébastien Laberge.

« Enfin » un toit pour les femmes itinérantes en Estrie

Bien que 100 femmes itinérantes aient bénéficié des services d’urgence du Partage Saint-François dans la dernière année, il n’existait à ce jour aucune option d’hébergement à long terme pour celles-ci dans la région. À partir d’aujourd’hui, les femmes sans-abri de l’Estrie pourront chercher la stabilité dans la sécurité de la toute nouvelle maison de transition Marie-Jeanne.

Le besoin d’un tel lieu pour les femmes en Estrie était criant, comme l’avait souligné à plusieurs reprises l’ancienne usagère du Partage Saint-François, Céline Gendron. Mme Gendron s’est retrouvée sans-abri pour une période de 15 mois, où elle a été témoin et victime de violences en tout genre. « Ça a été très pénible, n’importe qui est sujet à se retrouver dans la rue », confie-t-elle avant de partager son excitation par rapport au fait qu’un projet comme celui-ci arrive « enfin dans la région ».

« Si cette maison pour femmes avait existé à l’époque où j’étais itinérante, cela m’aurait évité énormément de stress et de souffrances de toutes sortes », ajoute Mme Gendron.

L’ex-usagère, maintenant membre du conseil d’administration du Partage Saint-François et en voie de trouver un emploi, est devenue « la muse du projet », selon les dires de Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François. Il lui a d’ailleurs remis une « clé d’honneur » de la maison lors de l’inauguration de l’habitation.

« Depuis plusieurs années déjà, les femmes qui fréquentent nos services d’urgence nous demandent un milieu d’hébergement sécuritaire et supervisé pouvant les accueillir durant leur processus de réinsertion. C’est dans le but de répondre à leurs besoins que nous avons pensé cette maison. Ce sera un lieu chaleureux où ces dernières pourront prendre le temps nécessaire pour réaliser un cheminement qui leur permettra d’atteindre la stabilité dans leur vie », affirme M. Laberge.

Ce projet a été rendu possible grâce à un financement du Programme fédéral SPLI (stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance) ainsi qu’une aide ponctuelle du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

Huit chambres
La maison, voisine des locaux du 115 rue Galt Ouest, possède huit chambres individuelles en plus de deux lits d’urgence, utilisés pour des cas référés par des intervenants en CLSC.

Avant, Partage Saint-François n’était en mesure que d’offrir six lits pour les femmes en situation d’itinérance, à raison de séjours de sept nuits au maximum.

Les usagères pourront demeurer à la Maison Marie-Jeanne au maximum un an, en déboursant chaque mois 25 % de leur revenu, plus 212 $ pour la nourriture (3 repas et 3 collations par jour).

Comme l’explique l’intervenante responsable, Sandra Boutin, ce lieu d’hébergement vise à apporter une précieuse aide à ces femmes pour les sortir de la rue, c’est pourquoi les ajustements sont fréquents au sujet des paiements.

« Les paiements ne peuvent dépasser un maximum de 505 $ (incluant la nourriture) par mois. Si une femme est endettée et qu’elle ne peut pas débourser le minimum, soit 370 $ (25 % du montant d’aide sociale, plus la nourriture), nous sommes également en mesure d’établir des arrangements avec elle », assure-t-elle.

Lorsqu’une femme itinérante souhaite obtenir une place à la Maison Marie-Jeanne, comme les trois usagères qui s’y sont installées dans les dernières semaines, elle doit tout d’abord prendre un rendez-vous d’évaluation avec une intervenante. À ce moment, on ciblera ses besoins, on vérifiera qu’elle a bien un désir de prendre du pouvoir sur sa vie et on vérifiera que les règlements de la maison lui conviennent.

Par exemple, la maison est un environnement « zéro consommation », c’est-à-dire que les usagères ne peuvent y entrer intoxiquées et sont dans l’interdiction de posséder quelconque substance à cet effet. Elles doivent également respecter un couvre-feu, afin que leur sécurité demeure encadrée.