Vincent Boutin

Espaces à bureau : Sherbrooke veut prévenir les agrandissements disproportionnés

Certaines entreprises dérogent-elles au règlement sur la superficie des espaces à bureaux en agrandissant leur immeuble existant? Devraient-elles être forcées de migrer vers le centre-ville en cas d’expansion? Parce qu’un cas suscitant des questions a été porté à l’attention de la Ville, le règlement sera réévalué lors de la prochaine séance du conseil municipal.

Depuis avril 2013, les bureaux privés de 750 mètres carrés et plus de superficie de plancher doivent s’installer au centre-ville. Les bureaux plus grands déjà implantés avant cette date bénéficient de droits acquis. Ils ont aussi, dans une certaine mesure, la possibilité d’agrandir. 

« On s’est rendu compte à l’usage qu’il y a une disposition de notre règlement 1200 qui n’est pas en accord avec nos orientations concernant les bureaux structurants. Le dossier sera présenté plus en détail le 3 février. Il y aura une période de gel, mais nous voulions nous interroger avec le conseil pour prendre la meilleure décision possible », résume Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme. 

« Nous avons aussi un mécanisme qui permet des bureaux plus grands à certains endroits, notamment pour Global Excel à Lennoxville ou le Baron, dans l’ouest. À l’extérieur de ces zones, si des bureaux privés dépassaient la superficie de 750 mètres carrés avant le 2 avril 2013, nous honorions les droits acquis. Mais dans notre règlement de zonage et de lotissement, nous n’avions pas établi de maximum pour éviter que ces bureaux agrandissent de manière exponentielle. Pour éviter une multiplication des agrandissements, nous voulons prévenir au lieu de guérir. »

Des entreprises pourraient-elles alors être forcées de déménager au centre-ville en raison de leurs besoins d’expansion? « Il y a des dispositions qui permettent d’agrandir jusqu’à environ 30 % de la superficie initiale, mais on veut éviter de se retrouver avec des bâtiments deux ou trois fois plus gros. Si une entreprise veut plus que les 30 % qui lui sont permis, elle devra peut-être se poser des questions stratégiques. »

M. Boutin avoue qu’une situation précise a mis en lumière le flou du règlement municipal. 

Le conseiller Marc Denault, lui, veut s’assurer qu’on pourra maintenir les acquis. « En 2012-2013, il y avait eu des discussions des plus longues et beaucoup d’échanges et de négociations. On est tous pour le développement du centre-ville. On s’est tous engagés à prioriser l’implantation des espaces à bureaux de 750 m carrés et plus de façon prioritaire au centre-ville. On s’était donné une cible de 80 %. 

« On est là aussi pour être des facilitateurs. Il y a des implantations partout sur le territoire. Je travaille avec M. [Yves] Tremblay à mettre en place des secteurs structurés et structurants pour le transport en commun. Il faut être prudent. Le développement se fait autant à Lennoxville avec Global Excel que dans le secteur de Fleurimont et de la 20e Avenue. Il faut être très prudent. »

M. Denault donne l’exemple de BRP, qui s’est installé sur la rue King Ouest, près de l’autoroute 410. « Ils ont choisi leur site en fonction des axes routiers, du transport en commun, de la proximité d’une piste cyclable. Si les infrastructures ne sont pas là, au centre-ville, on ne peut pas forcer les gens à y aller. À preuve, nous avons eu besoin d’une dérogation pour nos employés des travaux publics. Il ne faudrait pas mettre des carcans à des gens qui voudraient venir à Sherbrooke. »

Marc Denault