Après les enseignants d’histoire, c’est au tour des enseignants de sciences et technologie, en quatrième secondaire, de réclamer au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, des modifications aux normes d’application des examens du ministère. Enseignante en quatrième secondaire au Collège du Mont Notre-Dame, Christine Cantin est l’une des signataires d’une lettre transmise au ministre de l’Éducation.
Après les enseignants d’histoire, c’est au tour des enseignants de sciences et technologie, en quatrième secondaire, de réclamer au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, des modifications aux normes d’application des examens du ministère. Enseignante en quatrième secondaire au Collège du Mont Notre-Dame, Christine Cantin est l’une des signataires d’une lettre transmise au ministre de l’Éducation.

Épreuve unique en sciences : un non-sens pour les enseignants

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Après les enseignants d’histoire, c’est au tour des enseignants de sciences et technologie, en quatrième secondaire, de réclamer au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, des modifications aux normes d’application des examens du ministère. Pour le collectif d’enseignants signataires d’une lettre, faire passer des épreuves uniques s’avère un non-sens, alors que les élèves ont subi beaucoup de retard et ont vu la matière de façon différente dans les écoles.

« Nous pensons qu’il est inapproprié et incohérent, dans le contexte actuel, d’administrer cette épreuve comme si nous étions dans des conditions habituelles et optimales », écrivent les enseignants dans une lettre transmise au ministre de l’Éducation, au sujet de l’épreuve unique de science et technologie et d’applications technologiques scientifiques. 

Quelque 140 enseignants ont signé la missive, dont l’enseignante de sciences en quatrième secondaire au Collège du Mont Notre-Dame, Christine Cantin. Elle et deux collègues, Ghislain Berleur et Pierre-Olivier Cloutier, signent la lettre au nom de la centaine d’enseignants de la province.

« On souhaite que les examens soient annulés complètement. S’ils ne sont pas annulés complètement, on propose des solutions pour que ce soit moins stressant... Les élèves ont beaucoup de lacunes. En ce moment, on essaie de les rattraper. Globalement, ce sont les élèves en difficulté qui souffrent de ces lacunes », indique Christine Cantin. En rendant l’école facultative à la suite du confinement l’année dernière, certains élèves se sont retrouvés à l’écart. C’est sans compter le fait que l’enseignement à distance a été mis en application à géométrie variable selon les milieux. 

« L’enseignement à distance, ça fonctionne, mais ce n’est pas aussi efficace qu’en personne », note l’enseignante en soulignant que les jeunes plus gênés ont tendance à ne pas poser leurs questions en ligne. 

Les enseignants doivent faire de la consolidation, mais risquent de manquer de temps. Certaines notions ont du même coup été mises de côté.

Les enseignants estiment que des épreuves d’appoint pourraient être administrées. Ce type d’examens permet aux professeurs de voir les questions à l’avance, contrairement aux épreuves uniques, où ils découvrent les questions en même temps que leurs élèves. Ils pourraient aussi, comme le suggèrent leurs collègues en histoire, préparer eux-mêmes leurs examens afin qu’ils soient adaptés à la matière qui a été réellement vue en classe. Christine Cantin rappelle qu’avec les changements apportés par Québec, le milieu scolaire se retrouve avec deux étapes de 50 %. Habituellement, trois bulletins sont réalisés pendant l’année, un chiffre qui a été réduit à deux. « Ça augmente le stress chez les élèves », fait-elle remarquer. 

« On nous demande de faire preuve de créativité, de s’adapter, mais ça devrait aussi être du côté du ministère de l’Éducation... »

« C’est clair que pour la motivation des élèves, on sent une baisse importante, surtout depuis que les sports ont été coupés », fait-elle valoir.


« Ça augmente le stress chez les élèves. »
Christine Cantin

Une évaluation juste demandée

Le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ), Richard Bergevin, plaide pour des ajustements.

« Je pense que le message peut être le même pour l’ensemble des matières, autant au secondeaire qu’au primaire : on est dans une année extraordinaire. On a des ajustements à faire. Pendant l’automne, les profs ont eu des planifications et des replanifications de façon continue parce que les paramètres changeaient », note le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ), Richard Bergevin.

Il faut qu’à l’évaluation des élèves, le personnel enseignant ait eu le temps de faire la séquence complète d’apprentissages, sur « l’ensemble des savoirs essentiels » qui ont été nommés dans les programmes ou dans une modification des programmes afin de tenir compte de cette année extraordinaire. Mieux faire des apprentissages de qualité, voir lesquels sont essentiels, quitte à ce qu’il y en ait moins, croit M. Bergevin.

« Une chose est certaine, c’est qu’il y a des aménagements à faire pour la fin de l’année, pour être sûr que l’évaluation des élèves soit juste et équitable pour tous. Et ça, c’est très important dans le système que nous avons. »