Trois élus lancent un cri du cœur pour éviter la démobilisation des bénévoles qui s’occupent de certaines patinoires de quartier à Sherbrooke.

Entretien des patinoires : la Ville tarde à payer les frais aux bénévoles

Trois élus sherbrookois lancent un cri du cœur pour éviter la démobilisation des bénévoles qui s’occupent de certaines patinoires. Évelyne Beaudin, Paul Gingues et Chantal L’Espérance ont dénoncé lundi soir que ces citoyens reçoivent une aide financière de la Ville très tard dans la saison froide. Certains chèques auraient été livrés au début du mois de mars.

« Il y a dans le district du Carrefour trois patinoires entretenues par des bénévoles. Rappelons qu’une patinoire entretenue par des bénévoles ça coûte à peu près 6200 $ par année versus une patinoire qui est strictement de la Ville, qui coûte 21 000 $. Ce que je vis, c’est une démobilisation des bénévoles et je crois que cette responsabilité nous revient. D’où vient cette démobilisation? Ça vient du fait que depuis environ dix ans, les comités sont obligés de courir après leur chèque pour pouvoir payer les surveillants de patinoire et mettre de l’essence dans la souffleuse », résume Évelyne Beaudin.

« Peut-être que ça peut avoir l’air d’un petit problème, mais quand des bénévoles se lèvent le lendemain du jour de l’An à 6 h pour aller arroser et déblayer, ils n’ont peut-être pas le goût de courir après les chèques. L’an passé, j’ai eu un appel d’un des responsables. Il m’a dit : si je ne reçois pas le chèque demain, je serai obligé de fermer. »

« Inacceptable »

Mme Beaudin dit avoir rencontré les services de la Ville avant le début de la saison et avoir eu l’assurance que les chèques seraient livrés au plus tard le 7 janvier. « Ils ont été livrés le 5 mars. Je trouve que c’est complètement inacceptable et que notre crédibilité à la Ville de Sherbrooke est ébranlée. J’espère que nos services vont présenter leurs excuses et que c’est la dernière fois que j’aurai à intervenir là-dessus. »

Paul Gingues rapporte que la même situation est survenue dans la paroisse Marie-Médiatrice. « Le comité de voisinage qui s’occupe de la patinoire depuis cinq ans nous a fait parvenir ses bilans financiers. Il déplore avoir reçu le premier versement de 80 % le 8 mars. Il faudrait qu’on inverse le financement, que les 80 % arrivent avant Noël, parce que s’il n’y a pas de fonds de roulement, il n’y a pas de patinoire. »

Chantal L’Espérance appuie ces doléances. « J’ai entendu souvent du côté Jacques-Cartier que ce problème perdure dans le temps. Il n’y a rien de pire que des bénévoles qui sont obligés d’avancer de l’argent. Je vous appuie et ensemble on essaiera de trouver des solutions. »

Nicole Bergeron a demandé qu’un suivi soit présenté au conseil municipal au bénéfice de tous les élus. « J’avais entendu dire que des versements étaient peut-être arrivés plus tard que ç’aurait dû pour les centres culturels d’arrondissement. Je veux savoir si c’est circonstanciel ou structurel. »

Le maire Steve Lussier a assuré que des mesures seraient prises pour que ça ne se reproduise pas. Le sujet a été abordé au comité exécutif mardi et des questions ont été posées aux services de la Ville.