Après 18 mois de négociations, la Ville et ses employés, à l’exception des policiers, en sont venus à une entente pour la restructuration du régime de retraite des employés. Les élus ont entériné l’entente lundi. Les pompiers disposeront par ailleurs désormais de leur propre régime de retraite.

Entente sur les régimes de retraite

Après 18 mois de négociations, la Ville et ses employés, à l’exception des policiers, en sont venus à une entente pour la restructuration du régime de retraite des employés. Les élus ont entériné l’entente lundi. Le conseiller Pierre Tremblay a inscrit sa dissidence. Les pompiers disposeront par ailleurs désormais de leur propre régime de retraite.

Comme le prévoit la loi 15, les déficits éventuels (à partir du 1er janvier 2014) sont partagés à parts égales entre l’employeur et les employés. Quant au déficit antérieur, il sera épongé de façon différente selon les groupes d’employés.

Le déficit au 31 décembre 2013 s’élevait à 29 M$. La Ville en assume 50 %, de même que la part des employés retraités, soit une autre part de 25 %. La Ville reconnaît aussi certaines concessions des employés, si bien que ceux-ci doivent désormais assumer un montant de 4 M$.

Si les pompiers verseront une cotisation spéciale pendant cinq ans, les cols blancs et les cadres verront leur admissibilité à une rente sans réduction repoussée de neuf mois. Pour les cols bleus et les employés d’Hydro-Sherbrooke, cette admissibilité est repoussée d’un an. Pour les préposés aux traverses d’écoliers, elle est repoussée de deux ans.

La présidente du comité de retraite des employés de la Ville de Sherbrooke, Chantal L’Espérance, estime qu’il s’agit d’une bonne entente. Elle se félicite entre autres de l’instauration d’un plafond de cotisation au-delà duquel les deux parties devraient retourner négocier.

Le directeur général Daniel Picard a rappelé que l’ensemble des syndiqués concernés ont entériné l’entente. « Je suis fier que nous ayons atteint cet objectif. Certains diront que 18 mois de négociations, c’est long, mais quand on regarde la complexité des régimes de retraite, ce n’est pas nécessairement long. »

À noter que les pompiers disposeront désormais de leur propre régime de retraite, qui inclura aussi les cadres pompiers. Les frais relatifs à la création du nouveau régime seront assumés par le syndicat des pompiers.

Évelyne Beaudin a déploré qu’un dossier aussi complexe ait été présenté aux élus seulement quelques heures avant l’adoption de la résolution au conseil. « J’espère que cette façon de faire va changer et qu’on cessera de considérer les élus comme de simples rubber stamper. Je trouve le dossier des régimes de retraite trop opaque. On refuse de nous fournir même les documents de base. La dernière fois que les élus ont eu accès au rendement des caisses de retraite, c’était il y a six ans. »

Mme Beaudin aimerait obtenir un rapport annuel sur la santé des régimes de retraite. Chantal L’Espérance rapporte que les employés ont consenti à fournir certaines informations à huis clos.

Pierre Avard a rappelé qu’une épée de Damoclès pend toujours au-dessus de la tête des élus « parce que la loi est contestée par les syndicats ».

Vincent Boutin admet qu’il est toujours possible de trouver matière à critique dans un tel accord. « Nous avons néanmoins une bonne entente. Je souligne la maturité et la sagesse des intervenants impliqués. »

Paul Gingues s’est rallié avec certaines réserves. « J’aimerais qu’on regarde la possibilité d’offrir des retraites progressives. Ce serait bon pour la Ville de profiter des connaissances de ces employés. »

« C’est un dossier extrêmement complexe que je ne connais pas assez pour être en mesure de me prononcer. Je n’ai pas pu vérifier auprès des retraités pour voir s’ils étaient satisfaits de cette entente », a résumé Pierre Tremblay pour expliquer sa dissidence.