Sophie Séguin, présidente du SPSCE-FIQ, est contente de l’entente qui a été conclue entre son syndicat et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Entente de principe: une nouvelle ère au CIUSSS?

La présidente du syndicat qui représente notamment les infirmières et les infirmières auxiliaires est très heureuse de l’entente de principe survenue lundi entre le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et le SPSCE-FIQ (Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est — Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec). La nouvelle entente permettra à ses membres d’entrer dans la nouvelle ère du CIUSSS et à l’employeur de gagner en flexibilité et en attractivité, soutient Sophie Séguin.

« Pour nos membres, c’est une entente avec de l’harmonisation, des gains et des nouveautés. On considère qu’on a une bonne entente. On croit que nos membres seront soit gagnantes, soit en statu quo, même si, individuellement, il pourrait y en avoir quelques-unes qui soient déçues. Je crois que nous avons négocié des conditions de travail qui vont permettre à l’employeur d’être plus attractif et d’avoir un meilleur taux de rétention », souligne Sophie Séguin.

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Parmi les enjeux majeurs au cœur de la négociation, il y avait toute la question des déplacements et des ports d’attache.

« Nos membres auront un port d’attache dans un centre d’activités. Et l’employeur pourra les déplacer dans un rayon de 20 km.

Si le port d’attache d’une employée se trouve à l’Hôpital de Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) à Cowansville, l’employeur ne pourra donc pas l’obliger à aller travailler à l’Hôpital de Granby, puisqu’il y a 26 km entre les deux établissements. Nous avons sécurisé les déplacements dans un rayon acceptable. On sait qu’il y aura des réorganisations dans l’organisation. Alors si un service ferme, les employées pourront suivre leur poste si la distance leur convient et si elles en ont l’intérêt. Sinon, elles auront accès aux postes vacants ou au processus de supplantation », explique Mme Séguin.

« Mais nous ne voulions pas attacher ça de façon trop stricte non plus. Il fallait aussi que nos membres aient la latitude de pouvoir se déplacer si cela leur convient, mais à ce moment-là, ce seront des choix personnels », souligne Mme Séguin.

Les équipes volantes ont aussi été stabilisées sur le territoire. Après un déplacement de plus 32 km à partir de leur port d’attache, l’employeur paiera des frais de déplacement. « Par exemple, il y a 40 km entre les CHSLD du Granit et de Lambton. L’employeur paiera donc 8 km en frais de déplacement. Ce n’est pas énorme, mais c’est déjà mieux qu’avant », nuance la présidente du SPSCE.

Les vacances suivront la personne

Le choix des vacances était aussi au cœur des négociations.

« Jusqu’à présent, les employées faisaient leur choix de vacances estivales au mois de mars. Toutefois, si elles postulaient sur un nouveau poste avant la prise de leurs vacances, elles perdaient les vacances qui leur étaient accordées et devaient choisir de nouvelles vacances parmi les plages encore disponibles dans le nouveau secteur d’activités.
« Maintenant, les vacances vont suivre la personne. Les vacances en famille, c’est essentiel pour l’équilibre. Alors on a vu souvent, dans le passé, des gens qui refusaient des postes parce qu’ils ne voulaient pas se retrouver sans vacances.

« Ça fait 30 ans que je suis infirmière et ça fait 30 ans que j’entends les infirmières nous dire qu’elles attendent ça », se réjouit Sophie Séguin.

Les infirmières cliniciennes (qui ont fait un baccalauréat) et les infirmières praticiennes spécialisées (IPS, qui ont fait une maîtrise) n’ont pas été oubliées. Le rôle des IPS sera d’ailleurs évalué prochainement dans le cadre d’un comité qui sera créé entre l’employeur et le syndicat.

Travailler les projets ratios

Une fois l’entente de principe acceptée par les membres du SPSCE, il restera un travail important à faire : le CIUSSS et le SPSCE devront s’attaquer à la lettre d’entente no 6 qui prévoit de rehausser la structure des postes.

« C’est par cette entente que l’employeur pourra venir stabiliser ses équipes et trouver un équilibre », souligne Mme Séguin.

« Il faut mettre fin le plus vite possible au temps supplémentaire (TS) et au temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui tuent notre monde, qui est très stressant et qui crée un climat de travail malsain. Et en ce moment, même quand on a des gens en TS et en TSO, on a encore des écarts négatifs sur les équipes. Ça n’a pas de sens. On sait que l’employeur est inquiet de l’usage du TS et du TSO, comme nous, et il va falloir que nous trouvions des moyens structurants pour y mettre fin rapidement », martèle-t-elle.

« Les projets ratios (NDLR : entre le nombre de patients et le personnel soignant) vont permettre de stabiliser les équipes sans même l’injection d’argent : on reprend l’argent du TS et du TSO et on ramène au travail des gens en assurance salaire et ça va payer le personnel supplémentaire à la stabilisation des équipes et améliorer la qualité des soins aux patients et les conditions de travail des employées », soutient Sophie Séguin.

Les quelque 5200 membres du SPSCE-FIQ pourront voter par le biais d’un système électronique à une période qui reste à déterminer d’ici la fin octobre.

Rappelons par ailleurs que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS est toujours en discussions avec ses trois autres syndicats et que la date butoir pour en venir à une entente négociée est le 30 septembre.