Plusieurs participants ont offert leur aide pour tenir les affiches préparées par l’organisation, où on pouvait lire notamment « Un statut pour tout le monde », « Toutes et tous essentiel.le.s » et « À bas les frontières + les dérives sécuritaires, bienvenue aux réfugiés. »
Plusieurs participants ont offert leur aide pour tenir les affiches préparées par l’organisation, où on pouvait lire notamment « Un statut pour tout le monde », « Toutes et tous essentiel.le.s » et « À bas les frontières + les dérives sécuritaires, bienvenue aux réfugiés. »

Ensemble pour les personnes migrantes

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
La population sherbrookoise s’est réunie devant le bureau de la députée fédérale Élisabeth Brière dimanche après-midi pour réclamer un statut d’immigration complet et permanent pour tout le monde, car la situation « déjà précaire de ces personnes est des plus inquiétantes ces temps-ci. »

Le gouvernement fédéral a annoncé au début du mois que certains demandeurs d'asile ayant travaillé dans le domaine de la santé pendant la pandémie pourront obtenir une résidence permanente, par l’entremise d’un programme fédéral temporaire de régularisation, s’ils répondent à une liste de critères stricts.

« Ce programme est beaucoup trop limité. Tout le monde est essentiel et tout le monde devrait pouvoir espérer un avenir meilleur, que l’on soit sans-statut, demandeurs et demandeuses d’asile, travailleurs et travailleuses temporaires ou étudiants internationaux et étudiantes internationales », peut-on lire dans une lettre ouverte rédigée par les organisateurs du rassemblement, soit les membres du Collectif ensemble avec les personnes migrantes contre le racisme, de Rencontre interculturelle des familles de l’Estrie et de Solidarité sans frontières Sherbrooke.

Par ailleurs, des actions simultanées avaient lieu dans neuf autres villes canadiennes, notamment Montréal, Windsor, Toronto, Regina et Sudbury. 

Les Sherbrookois étaient invités à apposer des affiches sur les murs de l’établissement de la rue King Ouest, à écrire des mots personnalisés sur des cartons ou à prendre la parole pour parler de leur expérience personnelle. En plus de la trentaine de personnes présentes, plusieurs automobilistes klaxonnaient en guise de support à la cause.

Fritzna Blaise, étudiante internationale et médecin psychiatre, habite à Sherbrooke depuis trois ans. Elle a joint le Collectif ensemble avec les personnes migrantes contre le racisme récemment, et agissait à titre de porte-parole pour le rassemblement de dimanche.

« Je suis venue pour offrir mon soutien. Ça fait longtemps que ce mouvement-là me tient à cœur, et ce n’est plus possible de nier les injustices aujourd’hui », exprime Célia, une des manifestantes et étudiante en travail social.

« C’est une victoire pour les préposés aux bénéficiaires, mais il ne faut pas que ça s’arrête là, il ne faut pas que ce soit vu comme une fin en soi. C’est là que c’est dangereux », poursuit-elle.

À l’encontre des droits fondamentaux

Fritzna Blaise, étudiante internationale et co-porte-parole du collectif, explique que tant qu’une personne migrante n’a pas sa résidence permanente, elle se voit nier ses droits fondamentaux, comme l’accès aux soins de santé, par exemple.

Nastaran Daniali, aussi co-porte-parole, indique que le délai pour obtenir sa résidence permanente varie généralement entre un an ou deux. Toutefois, les délais ont considérablement augmenté depuis quelques années, encore plus avec la pandémie, qui a été un coup dur pour plusieurs migrants.

« Les personnes sans statut ou à statut précaire vivent souvent dans des situations de vulnérabilité et de précarité, et ils n’ont pas accès à la PCU, donc certains ont perdu leur emploi, leur logement, et vivent même de l’insécurité alimentaire. La situation s’est vraiment aggravée. On vit une grosse crise », déplore Mme Daniali.

Notons que ça fait plusieurs années que des groupes réclament un statut permanent pour tous, mais la pandémie a donné un regain à la cause.

À titre informatif, les deux porte-paroles indiquent qu’il y aurait approximativement entre 200 000 et 500 000 personnes sans statut au Canada, et qu’à Sherbrooke, les immigrants représentent de 9 à 10 % de la population.