Sentir qu’on n’est pas seule au monde, ça fait du bien. Et comme Lydia et Florence sont les seules personnes amputées de leur école, elles aiment participer, ensemble, à des rencontres où elles peuvent échanger sur leur réalité. Le père de Florence, Simon Carrier, et la mère de Lydia, Karine Couture peuvent aussi poser leurs questions lorsqu’ils accompagnent leur enfant dans les rassemblements organisés par l’Association des amputés de guerre.

Ensemble dans la différence

Lydia Sommerville et Florence Carrier ne se côtoient pas souvent. Mais une fois de temps en temps, ça leur fait du bien de se réunir et de se rappeler qu’elles ne sont pas seules à vivre avec un membre en moins. Leur amputation n’est pas la seule chose qu’elles ont en commun. Leur persévérance les unit aussi.

Lydia, 9 ans, a une amputation congénitale au bras gauche, tandis que Florence, 12 ans, est amputée à la jambe droite. Elles se sont rencontrées en 2012 lors d’un séminaire des Vainqueurs, organisé annuellement par l’Association des amputés de guerre.

« C’est le fun les séminaires parce qu’on rencontre plein de monde comme nous et on apprend beaucoup de choses », explique timidement Lydia, qui se prépare à entrer en 4e année à l’école Notre-Dame-du-Rosaire, à Sherbrooke.

« Ses amis Vainqueurs jouent un rôle très important dans la vie de ma fille. Ils l’aident à développer une attitude positive face à son amputation. Se retrouver avec Florence renforce sa confiance en elle. Elles s’encouragent mutuellement à faire tout ce qu’elles aiment », souligne sa mère, Karine Couture.

Lors des séminaires, des ateliers, autant pour les jeunes que pour leurs parents, sont offerts pour en savoir davantage sur les récentes innovations en matière de membres artificiels, mais aussi pour apprendre aux jeunes à composer avec le regard des autres.

« Lors des séminaires, des personnes amputées plus âgées viennent expliquer aux plus jeunes leur expérience, leurs défis et comment ils les ont surmontés. On peut poser toutes nos questions. Ça donne beaucoup de confiance aux enfants », explique le père de Florence, Martin Carrier.

« Le truc est de rester soi-même. Sans jugement. Les gens regardent, mais ce n’est souvent pas méchant, ils ont souvent de gros points d’interrogation dans les yeux », ajoute-t-il. 

« Habituellement, moi, je les ignore », note Florence, qui commencera son secondaire la semaine prochaine. Elle est inscrite au programme de sport-études en ski alpin de l’école La Ruche, à Magog.

L’an dernier en Estrie, 55 athlètes étaient dans sa catégorie et elle était la seule amputée. Son plus grand rêve serait d’aller aux Olympiques et si elle avait à choisir une idole, ce serait Frédérique Turgeon, championne du monde de ski para-alpin.

« Parfois en fin de journée, quand elle est fatiguée, elle trouve plus difficile d’être différente, mais en général, Florence va super bien. Elle a plein d’amis et fait tous les sports qu’elle souhaite. Elle a fait du triathlon. Elle n’a peur de rien », mentionne M. Carrier, ajoutant que sa fille aînée est traitée de la même manière que les trois autres enfants de la famille. 

« Lydia est aussi très persévérante. Elle est la plus jeune de la famille, mais elle veut souvent accomplir les mêmes choses que son grand frère ou sa grande sœur. Même si elle est plus jeune et qu’elle part avec une main en moins, elle réussit vraiment à bien faire. Elle aime beaucoup aider aussi. Je me souviens qu’à 2 ans, elle cuisinait avec moi », raconte Mme Couture.

Depuis plus de cent ans, l’Association des Amputés de guerre contribue à améliorer la qualité de vie des personnes amputées notamment par l’organisation des séminaires des Vainqueurs et fournissant une aide financière pour l’achat de membres artificiels. 

Lydia Sommerville et Florence Carrier.