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Enseigner sous les arbres
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Des classes extérieures verront le jour sur le campus principal de l’Université de Sherbrooke à la rentrée d’automne. Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, professeur à la faculté d’éducation de l’UdeS, participe à l’exercice.
Des classes extérieures verront le jour sur le campus principal de l’Université de Sherbrooke à la rentrée d’automne. Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, professeur à la faculté d’éducation de l’UdeS, participe à l’exercice.

L’UdeS regarde dehors

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Des classes extérieures feront leur apparition sur le campus principal de l’Université de Sherbrooke en prévision de la rentrée automnale. Une dizaine de sites ont été identifiés en prévision de l’accueil des étudiants. Des sites permanents pourraient aussi voir le jour.

« On veut maximiser les lieux pour créer des espaces de cours pour les étudiants à l’automne, pour leur faire vivre une dynamique de campus universitaire, surtout pour les nouveaux étudiants qui vont arriver et qui ne connaîtront pas Sherbrooke, le campus, les collègues avec qui ils vont devoir faire des travaux d’équipe à distance. Il y a plusieurs personnes formatrices qui vont accepter d’utiliser, sur une base volontaire, les classes extérieures. Ce qui est projeté, c’est qu’il y ait des sites temporaires, mais aussi d’inclure des sites permanents », explique Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, professeur à la faculté d’éducation de l’UdeS, en ajoutant que le mont Bellevue fait partie des endroits identifiés.  

Quelle forme prendront ces classes? Le scénario sera plus clair dans une dizaine de jours.

Repérage de sites

Au moment de l’entrevue, le professeur s’apprêtait à arpenter le campus en compagnie d’une collègue pour examiner les différentes possibilités. 

« On veut dénombrer combien d’étudiants pourraient rentrer dans les sites. On veut aussi les caractériser d’un point de vue pédagogique. On veut essayer de voir si l’un peut être meilleur pour l’enseignement magistral. Est-ce qu’il sera à ciel ouvert, est-ce qu’on peut y installer un chapiteau pour être à l’abri des intempéries? Je parlais avec une professeure qui me disait qu’elle voulait donner les 45 heures dehors, elle est prête à faire tout son cours là et à s’ajuster en fonction de la météo. L’objectif, c’est vraiment d’avoir des sites qui ont des vocations distinctes ou qui auront des particularités pour déployer des modalités pédagogiques qui sont différentes. »

Certains programmes utilisaient déjà l’extérieur dans le cadre de leur formation, comme en sciences et en écologie. Personnellement, le professeur espère voir se déployer des expertises différentes dans ce cadre naturel.

Le campus de l’UdeS se prête bien à l’exercice. Il y a quelques années, la direction de l’établissement a décidé de fermer des stationnements afin de créer des espaces verts. L’endroit donne aussi sur le mont Bellevue. 

Parallèlement à cette planification, un guide sera élaboré pour les différents établissements d’enseignement supérieur qui souhaiteraient utiliser leur potentiel extérieur. « On est en train de faire un guide où on aurait des directives, des questions à se poser », note M. Ayotte-Beaudet. 

Scénarios à l’étude 

En entrevue récemment, l’UdeS expliquait qu’elle en était à calculer l’ensemble de ses espaces en vue de la rentrée de l’automne 2020. L’institution misera sur une approche hybride, avec des cours en ligne, mais aussi en mode présentiel. Comme les écoles primaires ont dû le faire, l’UdeS doit évaluer le nombre d’étudiants possible en raison des paramètres de distanciation de deux mètres. L’UdeS compte environ 30 000 étudiants répartis sur ses différents campus. 

Une panoplie de scénarios sont sur la table, dont l’utilisation du Centre culturel (qui est fermé jusqu’au 30 août selon les dernières directives) et la mise en place d’horaires de soirs et de fins de semaine.

Un récent sondage montrait que près du tiers des étudiants songeaient à ne pas s’inscrire dans un établissement postsecondaire cet automne, entre autres pour des raisons financières, mais aussi en raison des aléas de l’enseignement à distance.