Ultramarathonien de calibre international, l’intensiviste-pédiatre Sébastien Roulier va entreprendre samedi matin une course de 300 kilomètres au profit de Moisson Estrie.
Ultramarathonien de calibre international, l’intensiviste-pédiatre Sébastien Roulier va entreprendre samedi matin une course de 300 kilomètres au profit de Moisson Estrie.

Engouement pour la course en coeur de Sébastien Roulier

Les préparatifs sont presque complétés, on annonce du beau temps, plusieurs personnes ont manifesté leur intention d’accompagner sa course, tous les ingrédients sont réunis pour que l’événement Avançons tous en cœur, imaginé par l’ultramarathonien Sébastien Roulier, connaisse un grand succès ce week-end.

L’athlète de calibre international et intensiviste-pédiatre au CIUSSS de l’Estrie-CHUS entend parcourir à la course un itinéraire de 300 kilomètres qui trace un cœur géant à travers les sept MRC de l’Estrie.

L’événement vise d’une part à amasser des dons pour Moisson Estrie, mais le Dr Roulier a surtout voulu en faire un défi populaire pour mettre un peu de positif dans la morosité ambiante et pour faire bouger les adolescents qui sont encore confinés à la maison.

Un mois à peine après avoir lancé l’idée à la mi-avril, son projet suscite beaucoup d’intérêt et il s’attend à voir plusieurs personnes courir, marcher ou rouler avec lui sur des portions plus ou moins longues de son itinéraire samedi et dimanche.

« Beaucoup de gens ont manifesté l’envie de venir m’encourager sur le parcours, a-t-il raconté à La Tribune jeudi matin, à 48 heures du départ. Dans le Val-Saint-François, dans la MRC des Sources… De Saint-Georges-de-Windsor à Wotton, il y a un petit groupe d’un club de course qui va venir faire un tour. Des gens m’ont dit qu’ils m’attendraient en plein milieu de la nuit quand je vais passer à La Patrie. (…) Il y a aussi une bonne poutine qui va m’attendre à Saint-Mathias-de-Bonneterre! »

Même en respectant les mesures de distanciation physique, ces manifestations d’appui vont contribuer à motiver l’ultramarathonien, qui s’attaque pour la première fois à une distance de 300 kilomètres.

« C’est sûr que c’est beaucoup [300 km]. J’ai mis des estimés pour que les gens dans les villages m’attendent au bon moment, mais c’est difficile et je ne vais pas m’astreindre à ça parce que ça va rendre le défi moins intéressant. Je vais y aller au rythme que mon corps me dicte, avec déjà des dodos prévus [de deux-trois heures] à Notre-Dame-des-Bois et à Magog.

« Il ne faut pas l’aborder en disant il reste 300 km, il faut y aller de village en village, ajoute-t-il. Il y a 25 étapes, 25 villages, ce sera ça mes balises, y aller tranquillement un village à la fois. Et un moment donné ça va être un kilomètre à la fois peut-être aussi.

« Ça va être douloureux, c’est sûr, mais c’est ça sortir de sa zone de confort quand on est rendu à mon niveau. Je sais que je vais ressortir gagnant de tout ça au bout du compte et que les douleurs vont être vite oubliées dans la semaine qui va suivre. »

L’itinéraire de 300 kilomètres traverse les sept MRC de l’Estrie desservies par la banque alimentaire Moisson Estrie.

Guignolée

L’athlète qui carbure aux défis quasi surhumains est heureux de voir que les Estriens se sentent interpellés.

« On est confinés depuis un petit bout de temps et je pense que les gens, surtout les sportifs, ont envie de retrouver un peu d’événements concrets au lieu des événements virtuels. Courir en cœur et la levée de fonds, c’est très concret. »

Il perçoit également un grand élan de solidarité pour la banque alimentaire estrienne qui profitera de la récolte de dons et de denrées.

Déjà à Sherbrooke jeudi, des adolescents ont commencé à distribuer des sacs de papier brun pour tenir une collecte de denrées sur le modèle de la guignolée des fêtes.

Ils repasseront cueillir les sacs — qu’on espère bien remplis de denrées non périssables — à la date indiquée sur le sac, informe la directrice générale de Moisson Estrie Geneviève Côté.

« Si des gens dans les villages sont intéressés à faire comme à Sherbrooke, on les invite à le faire pour la banque alimentaire de leur secteur », ajoute-t-elle, en annonçant que Magog et Asbestos ont déjà levé la main.

Les organisateurs d’Avançons tous en cœur ont prévu plusieurs autres façons de participer à l’événement et de contribuer à la mission de Moisson Estrie, notamment avec des itinéraires de course de moindre envergure à faire dans les sept MRC de l’Estrie et à partager sur Facebook, et par des dons en ligne ou le parrainage de l’une des 25 sections du cœur de 300 kilomètres que Sébastien Roulier va lui-même franchir.

« Jeudi matin, une quinzaine de sections étaient déjà commanditées, relate Geneviève Côté. Des gens ont choisi une section qu’ils adoraient par exemple pour leur promenade à vélo ou parce qu’ils sont natifs de ce village. Chacun a une raison ou une histoire de commanditer un petit bout du cœur de Sébastien. »

Le départ de l’ultramarathonien sera donné à 10 h samedi aux locaux de Moisson Estrie sur la 10e Avenue Sud.

Noémie, âgée de 11 ans, la fille de Sébastien Roulier qui lui a inspiré l’idée de courir en cœur, sera de l’équipée pour au moins le premier 24 heures. « Ce sera la seule de mes helpers qui va pouvoir être à moins de deux mètres de moi, blague-t-il. Elle va m’aider dans mes ravitaillements et aura la tâche de noter mes temps de passage pour avoir une idée, si jamais je refais quelque chose de semblable l’année prochaine... »

« C’est super inspirant ce que Sébastien propose comme défi, conclut Geneviève Côté. Et lui-même ce qu’il s’impose comme défi, c’est spectaculaire! Alors qu’on fait nous-mêmes une sorte de marathon actuellement parce qu’on ne sait pas nécessairement quand ça va se terminer, de voir Sébastien se lancer lui aussi à pieds joints dans un défi qu’il n’a jamais fait, moi ça me donne un bel élan pour continuer. »