Après des années d’attente, les citoyens de Val-Joli, dont la famille de Joannie Desrochers, pourront enfin avoir accès à de l’eau potable, grâce à la construction d’un réseau d’aqueduc de 2,9 km.

Enfin de l’eau potable pour les citoyens de Val-Joli

Après des années sans eau potable, des citoyens de Val-Joli y auront bientôt accès. Le raccordement à l’usine de filtration de Windsor est un véritable soulagement pour les citoyens de la cinquantaine de résidences concernées. Le député de Richmond, André Bachand, a annoncé une aide de 1,4 M$ à la municipalité de Val-Joli, mardi.

Les travaux consisteront à la construction d’un réseau d’aqueduc de près de 3 km à partir de l’usine de filtration de Windsor, afin de desservir les citoyens qui se retrouvent sur le tracé de la route 249 et d’une portion du rang 10.

Jean-François Larochelle et sa conjointe, Joannie Desrochers, deux citoyens touchés par la contamination, ont même déjà songé à vendre leur maison à perte, celle-ci ayant subi une dévaluation.

Le raccordement à l’usine de filtration est pour eux un véritable soulagement.

« Enfin, c’est fait, après six ans! On s’était fait dire au départ que c’était inconcevable, que ça ne se ferait pas. On a réussi à avoir une belle subvention pour ce qu’on demandait. Ça ne nous coûtera pas une fortune et on va être en santé (...) C’est une libération, carrément! » lance M. Larochelle, dont la famille réside sur la route 249. La résidence a été acquise il y a 10 ans et le couple sait depuis six ans que l’eau est contaminée.

Depuis environ six ans, une cinquantaine de citoyens résidant dans le secteur de la route 249 et du 10e rang devaient vivre sans eau potable, la nappe phréatique ayant été contaminée au benzène et d’autres contaminants de type tétrachloroéthylène.

Le terrain d’une ancienne station-service de ce secteur avait été identifié comme la source du problème.

Le député de Richmond, André Bachand, a annoncé une aide financière de 1,4 M $ à Val-Joli pour l’implantation d’un réseau d’aqueduc. On le voit aux côtés du maire de Val-Joli, Rolland Camiré (à gauche).

Appel d'offres

Val-Joli a lancé en juin les appels d’offres qui permettront de lancer les travaux dans quelques semaines. Le maire Rolland Camiré note que les travaux pourraient se dérouler jusqu’à la mi-décembre. Le chantier devrait s’étaler entre 12 et 16 semaines.

La construction d’un surpresseur est également prévue. Le poste de surpression qui sera aménagé permettra aux citoyens d’assurer une pression constante dans le réseau de distribution. La couverture de protection incendie sera également bonifiée par l’ajout de bornes-fontaines. Ce sont 75 unités d’habitation qui seront raccordées.

Le coût des travaux est estimé à 3,5 M$. La municipalité de Val-Joli, qui a reçu environ 3 M$ de subventions, doit investir près de 360 000 $. Les citoyens touchés par la problématique se diviseront la facture sur leurs taxes pendant environ 20 ans. Le montant d’environ 290 $ annuellement sur le compte de taxes est très bien accueilli par Jean-François Larochelle et sa conjointe. M. Larochelle juge le montant très raisonnable. « On s’était fait dire au départ que cela pourrait coûter 1,4 M$ pour le groupe de citoyens, ce qui n’aurait sans doute pas passé... On se retrouve avec une facture très raisonnable. » Le couple devait payer pour un traitement au charbon, en plus de l’utilisation de cruches d’eau.

« Enfin, on va pouvoir boire de l’eau et prendre notre douche! Et faire de la nourriture, aussi : on ne pouvait pas faire bouillir l’eau, c’était contaminé », lance Jonathan Lussier, dont la maison a été la première contaminée. Le citoyen se débrouillait avec des cruches d’eau. « Ça nous coûte plus cher en eau que ça va nous coûter par année en taxes. C’est un gros gain pour tout le monde. » L’ajout de bornes-fontaines doit aussi se refléter sur le coût de leurs assurances.

La situation était pour le moins ironique, souligne Jean-François Larochelle : l’eau potable est une richesse dans la province et les citoyens ne pouvaient pas boire l’eau de leur robinet. Les citoyens remarquent néanmoins qu’ils doivent assumer la facture pour celui qui a pollué. Val-Joli avait déjà investi plus de 100 000 $ au cours des dernières années.

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Les travaux commencent dans le secteur Saint-Gabriel

 Des citoyens du secteur Saint-Gabriel, à Val-Joli, seront aussi bientôt raccordés à l’usine de filtration de Windsor. Domtar a lancé au début du mois d’août les travaux de raccordement, qui touchent une trentaine de résidences. 

Rappelons que des taux trop élevés d’arsenic et de manganèse avaient été détectés dans l’eau de résidences. Une enquête avait montré que la problématique était liée à un ancien site d’enfouissement de la compagnie Domtar; le site de résidus de pâtes et papiers était en fonction entre 1983 et 1993.  

Le chantier, qui touche les rues Falaise, du Rocher et O’Donnell, pourrait s’étirer jusqu’en novembre, selon Frédéric Tremblay, directeur technique chez Domtar. Un réseau d’alimentation temporaire a été mis sur pied.

Interrogé à savoir si des travaux auraient lieu sur l’ancien site d’enfouissement, M. Tremblay note que des discussions sont toujours en cours avec le ministère de l’Environnement à ce sujet.

Priorité

« La première étape est le raccordement, c’est vraiment notre priorité », note Providence Cloutier, conseillère principale aux communications chez Domtar.

Domtar s’est engagée à payer les frais de raccordement des résidences, mais les deux porte-parole n’ont pas voulu s’avancer sur les coûts estimés. 

Par ailleurs, la Ville de Windsor a demandé à ses citoyens, mardi, de limiter leur consommation d’eau d’ici la fin de la saison estivale, notamment en raison des travaux à l’usine de filtration de Windsor. Celle-ci fait actuellement l’objet d’importants travaux de mise aux normes. 

La Ville demande notamment d’éviter de consommer l’eau pour le lavage de la voiture, l’arrosage intensif de la pelouse, le nettoyage à l’extérieur de la résidence ou toutes autres activités non essentielles.