Les candidats au rectorat sont interpellés afin que l'UdeS retire ses investissements des énergies fossiles.

Énergies fossiles : l'UdeS invitée à imiter Laval

Des étudiants interpellent les candidats à la course au rectorat de l'Université de Sherbrooke afin que l'institution retire ses investissements des énergies fossiles, comme l'a annoncé l'Université Laval récemment.
Des étudiants se sont regroupés pour lancer le mouvement Solidarité étudiante contre les oléoducs, un comité qui regroupe une soixantaine d'étudiants de plusieurs facultés.
« Il faut que les universités se dressent en tant que leaders sur la scène environnementale, estime Rodrigue Turgeon, membre du comité et étudiant de l'Université de Sherbrooke. De par l'intelligence qu'elles regroupent, elles ne peuvent pas se cacher le visage, elles doivent influencer la classe politique... »
Dans une lettre adressée aux quatre candidats qui veulent succéder à la rectrice Luce Samoisette, le comité demande à Pierre Cossette, Sébastien Lebel-Grenier, Bruno-Marie Béchard Marinier et Alain Webster de « retirer les investissements de l'UdeS dans les énergies fossiles », incluant ceux de la Fondation de l'UdeS et ceux des fonds des régimes de retraite des employées et employés.
Les étudiants demandent aussi que l'UdeS, qui se retrouvera sous la gouverne de l'un de ces quatre candidats, se positionne « politiquement contre une économie fondée sur l'extraction des sables bitumineux et contre la prolifération des oléoducs à travers le Canada ».
Le Soleil rapportait, à la mi-février, que l'Université Laval est devenue « la première université canadienne à retirer ses investissements des énergies fossiles ».
« Au 30 avril 2016, la fiducie globale de l'Université Laval détenait des investissements d'environ 10 M$ » dans ce secteur, indiquait le quotidien, soit l'équivalent de 4,7 % de son portefeuille. L'institution de Québec répondait ainsi à la demande d'un groupe étudiant, ULaval sans fossiles.
Rodrigue Turgeon précise d'ailleurs que le comité sherbrookois est en contact avec celui de l'Université Laval.
Accueil favorable
Sans entrer dans les détails des réponses reçues par les candidats, l'étudiant s'est dit confiant de la suite des choses.
L'ex-recteur Bruno-Marie Béchard Marinier a transmis à La Tribune le courriel envoyé au comité étudiant, dans lequel il salue l'initiative de l'Université Laval, et dans lequel il affirme s'être engagé à faire de même à l'UdeS. « Je déplore que nous ne l'ayons pas déjà fait comme institution, nous qui avons déjà été les leaders dans de telles questions », souligne également M. Béchard.
Le doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS), Pierre Cossette, estime pour sa part que « l'université doit s'impliquer dans le vaste mouvement social de désinvestissement du secteur des énergies fossiles par des mesures d'investissement durable, avec des placements favorisant entre autres les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique ».
« Si je suis élu, je compte travailler à un positionnement global en développement durable pour notre université qui permettra de développer son positionnement en tablant sur nos forces en présence en enseignement et en recherche. Je souscris d'ailleurs au travail fait jusqu'à maintenant, sous le leadership de Alain Webster (NDLR : vice-recteur au développement durable), afin de faire de notre établissement une institution carboneutre », mentionne Dr Cossette dans la réponse transmise au comité étudiant. Il a été impossible de connaître les réponses de M. Webster et de M. Lebel-Grenier, lundi.
Par ailleurs, le lancement de la nouvelle bière « Coule pas chez nous » aura lieu ce mercredi au Boquébière. Une partie des revenus sera remise à l'organisme québécois du même nom, qui s'investit dans la lutte aux oléoducs, précise Rodrigue Turgeon.