Une trousse de détection de radon.
Une trousse de détection de radon.

Encore trop de radon dans des résidences

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Dix pour cent des propriétaires sherbrookois qui ont testé leur résidence l’an dernier ont appris que leur foyer surpasse la norme de radon recommandée par Santé Canada. Un autre 18 % a été informé que son niveau d’exposition se situe à la limite du niveau sécuritaire.

Près d’une centaine de propriétaires de maison à Sherbrooke ont participé l’an dernier au programme de tests Occupe-toi du radon et de son Défi 100 trousses.

« Il s’agit d’un sérieux avertissement qu’ils doivent s’occuper du radon rapidement », lance l’Association canadienne des scientifiques et des technologues en radon.

La toute nouvelle édition du rapport Occupe-Toi du radon Sherbrooke porte sur 92 propriétés testées à l’hiver 2019 dans le cadre du Défi 100 Trousses de dépistage du radon.

Sherbrooke est l’une des quinze communautés qui ont participé à l’initiative et recueilli de précieuses données au sujet de la présence du radon au pays. Maintenant à sa troisième édition, le Défi 100 trousses de dépistage du radon a poussé plus de 2000 Canadiens à tester leur résidence.

Le rapport des communautés de 2019 établit que les concentrations de radon varient au sein même de chaque communauté. 

« Ce sont des résultats dans la moyenne québécoise », analyse Erin Curry, directrice régionale de l’association pour le Québec et les provinces de l’Atlantique. Ça continue. Il y a encore du radon dans plusieurs maisons de Sherbrooke. La seule manière de le savoir, c’est de faire le test. » 

Le radon est un gaz radioactif qui provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans les sols. Incolore, inodore et insipide, il peut s’infiltrer à l’intérieur des bâtiments et s’accumuler dans les pièces fermées sans être détecté. 

Comme les maisons canadiennes sont bien isolées, le radon peut s’accumuler à l’intérieur et atteindre des niveaux dangereux. Une exposition prolongée à ce gaz augmente les risques de développer un cancer du poumon. Puisque les taux de radon varient d’une résidence à une autre, le seul moyen d’en connaître le niveau est de faire un test. 

L’an dernier, on évaluait qu’en Estrie, 9 % des maisons auraient un taux de radon plus élevé que la norme recommandée par Santé Canada. Ce taux grimperait à 24 % à Sherbrooke.

L’Association canadienne des scientifiques et des technologues en radon avait lancé son défi en distribuant 100 trousses de dépistage à Sherbrooke.

« Si j’avais eu plus de trousses, je les aurais distribuées. Il y a une forte demande », affirme Mme Curry.

« Les gens qui en veulent peuvent se tourner vers des entreprises qui en vendent. C’est environ 60 $ par trousse. On tient notre programme en novembre, car c’est à ce moment-ci de l’année qu’on commence à chauffer les résidences. Si on détecte du radon, on peut avoir recours à une firme spécialisée. Il y a moyen de régler le problème. »

Le radon est un gaz radioactif naturel produit dans le sol et qui, lorsqu’il reste dans le sol, ne cause pas de problème. Mais les maisons sont rarement étanches aux gaz souterrains. Le radon s’infiltre par les fissures ou les joints par exemple, et cela peut poser des problèmes lorsqu’il s’accumule dans nos maisons canadiennes étanches en raison de nos conditions hivernales.

La norme canadienne est de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m3). 

« C’est un peu comme la COVID-19. La seule façon de savoir si tu l’as est de te faire tester. On se croyait à l’abri dans un quartier tranquille, mais personne ne l’est réellement. La seule façon de savoir si on est à risque, c’est de le tester », déclare Pierre Dubois, un homme de Candiac récemment diagnostiqué d’un cancer du poumon. 

« J’aurais aimé le savoir il y a 10 ans... J’espère seulement que ma conjointe n’aura pas elle aussi des impacts sur sa santé. »

Les gens qui désirent obtenir des informations au sujet du radon sont invités à visiter le site, pour vous inscrire au webinaire animé par des experts du radon le 19 novembre à 13 h.