En réflexion, le CIUSSS mise sur ses interventions sur le terrain

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS poursuit ses travaux pour évaluer les besoins en santé mentale qui ne sont pas répondus par l’offre de service actuelle. En attendant, le CIUSSS choisit de miser sur ses forces plutôt que de tabler sur les services qui pourraient manquer pour répondre aux besoins qui sont pourtant exprimés par de nombreux acteurs des milieux policier et communautaire.

« L’établissement poursuit ses travaux cet automne en tenant compte du contexte sanitaire évolutif pour l’avancement de ce dossier et se tient bien au fait des avancements toutes les parties intéressées », assure la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.

 « L’Estrie possède une offre de services variée et innovante en ce qui a trait aux services d’urgence en santé mentale. Mentionnons le travail des équipes de l’Équipe mobile d’intervention psychosociale (ÉMIP), d’Urgence détresse et de l’urgence en santé mentale de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital de Granby », précise-t-elle.

« Notre région se distingue par une offre d’intervention de crise qui amène nos professionnels à aller intervenir dans le milieu de vie de l’usager et l’évaluer dans son propre environnement. C’est d’ailleurs une force de notre établissement qui avait été identifiée lors de la visite d’agrément ayant traité de la trajectoire en santé mentale. En effet, dans le réseau de la santé et des services sociaux, généralement, l’usager est invité à venir chercher ses services dans nos milieux cliniques lorsqu’il vit une situation de crise », soutient Mme Lemay.

« Les exemples d’Urgence détresse et de l’ÉMIP illustrent que la réponse aux besoins pour les personnes vivant une crise peut être diversifiée et non seulement par le seul moyen d’avoir un centre de crise. Toutefois, il n’est pas exclu que les besoins en hébergement temporaire soient revus et améliorés », précise-t-on aussi du côté de l’organisation.

Rappelons que les équipes de l’Équipe mobile d’intervention psychosociale (ÉMIP) sont composées d’un policier-patrouilleur en uniforme du Service de police de Sherbrooke (SPS) et d’une travailleuse sociale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui circulent dans les rues de Sherbrooke afin de répondre aux appels d’urgence. Ce projet-pilote est né en 2016 à Sherbrooke avant de devenir permanent en 2018 en raison de son grand impact sur la population.

D’ailleurs, d’autres corps policiers souhaitent s’en inspirer. Le gouvernement regardera d’ailleurs la possibilité d’étendre ce genre de services ailleurs au cours des prochains mois en raison notamment de la hausse de la détresse psychologique observée au Québec en cette période de pandémie.

« Ce n’est pas toujours facile à négocier avec les syndicats de policiers, mais on aimerait avoir des patrouilles mixtes pour des problèmes sociaux qui sont actuellement traités par des policiers. Il y a des corps de police qui demandent d’avoir du support supplémentaire du côté de l’aide sociale », a soutenu en point de presse mardi le premier ministre du Québec François Legault.

Les membres de l’ÉMIP interviennent pour évaluer sur place les personnes en détresse afin de les orienter rapidement vers la ressource appropriée (CLSC, hôpital ou organisme communautaire). 

L’Estrie est aussi dotée d’un autre service qui permet aux intervenants de se déplacer directement sur le terrain, soit Urgence détresse. En cas de situation urgente lorsque les services réguliers sont fermés, un intervenant de garde se déplace en tout temps pour aller aider la personne en crise et tenter de désamorcer la situation problématique.

Le service est accessible pour la population par le biais d’Info-Social en composant le 811, option 2. Le service est disponible 24 heures par jour, toute la semaine.