Karyne Blanchette a lancé une pétition demandant au IGA de son quartier de permettre l’utilisation des contenants personnels afin d’éviter d’utiliser les sacs de plastique fournis pour ses achats.

En cabale contre le plastique

Une Sherbrookoise qui n’a pu utiliser ses contenants personnels pour acheter des produits en vrac dans une épicerie soulève des questions sur cette interdiction, alors que l’omniprésence du plastique est devenue un enjeu environnemental préoccupant.

Karyne Blanchette a lancé une pétition demandant au IGA de son quartier de permettre l’utilisation des contenants personnels afin d’éviter d’utiliser les sacs de plastique fournis pour ses achats.

Après avoir apporté ses propres pots, la jeune femme s’est fait interdire de les utiliser pour des raisons d’hygiène et de salubrité.

Après l’épisode en question, la Sherbrookoise a discuté de façon courtoise avec le propriétaire du IGA Galt Ouest, Yves Chapdelaine, qui est revenu sur ces raisons d’hygiène et de salubrité. Ce dernier a référé La Tribune à Sobeys pour obtenir des commentaires.

Karyne Blanchette est loin de vouloir partir en cabale contre l’épicerie qu’elle continue de fréquenter, qui fait entre autres des efforts pour mettre de l’avant les produits locaux. Elle se questionne cependant alors que d’autres commerces permettent aux clients d’acheter des produits en vrac avec leurs propres contenants. « Je ne parle même pas de la viande », souligne-t-elle.

« Ça serait l’fun que les grands fassent leur part. La majorité des gens ne vont pas au Silo (NDLR un commerce sherbrookois où on peut utiliser les contenants pour le vrac). » Karyne Blanchette aime fréquenter les commerces de son quartier notamment pour éviter de prendre sa voiture et pour acheter localement.

La Sherbrookoise ne pensait pas, au départ, contacter La Tribune et lancer une pétition. Mais de fil en aiguille, des amis et des proches lui ont fait des suggestions qu’elle a appliquées. Dans sa pétition en ligne, elle relève que « seulement 20 % du plastique déposé dans le bac à recyclage est réellement recyclé ». La jeune femme n’était pas satisfaite des réponses de Sobeys, qui lui a essentiellement fourni un accusé de réception. « J’aimerais savoir à qui le dossier s’en va », note-t-elle.

Un sujet à l’étude

Anne-Hélène Lavoie, conseillère principale aux communications chez Sobeys (qui possède la bannière IGA), souligne que la priorité demeure la salubrité.

« Oui, c’est un sujet d’actualité dont les gens se préoccupent », souligne-t-elle. La priorité demeure toutefois la sécurité et la salubrité.

D’autres commerces permettent toutefois aux clients d’amener leurs propres contenants. Comment expliquer ces politiques différentes?

Mme Lavoie préfère ne pas commenter la situation des autres entreprises.

Elle note que ce dossier fait partie des enjeux discutés au sein du comité de développement durable de Sobeys. « Je ne dis pas que la situation ne pourrait pas changer », dit-elle en rappelant l’enjeu de l’hygiène.

Les propriétaires de succursale pourraient-ils donner le feu vert à leurs clients pour une telle pratique? « Ils pourraient décider d’accepter, mais le commerce a toujours le droit de refus. S’il décide d’accepter, c’est lui qui va être responsable », note Mme Lavoie, qui cite aussi la législation.

« Il est possible pour les consommateurs d’utiliser leurs contenants personnels. Toutefois, il est important de respecter les règles de salubrité déjà établies. Dans un cas où l’exploitant d’un établissement juge que le contenant n’est pas adéquat, il peut refuser qu’il soit utilisé, comme dans la situation rapportée. Les exploitants d’établissement sont responsables de l’application de la Loi sur les produits alimentaires. Ils ne peuvent à aucun moment faire de compromis en ce qui concerne toutes questions d’hygiène et de salubrité », fait valoir le ministère de l’Alimentation, des Pêcheries et de l’Agriculture du Québec (MAPAQ).

Par ailleurs, alors que Montréal s’est positionnée contre l’usage des sacs de plastique, Karyne Blanchette souhaite que Sherbrooke emboîte le pas.

« À Sherbrooke, on ne s’est pas encore positionné. Je n’ai pas fait de démarche, mais ça me travaille. »

Windsor réfléchit

En entrevue à La Tribune récemment, la mairesse de Windsor, Sylvie Bureau, a fait valoir qu’elle souhaitait l’abolition des sacs de plastique.

« J’aimerais que quelque chose soit fait dans la MRC pour abolir les sacs de plastique sur tout sur le territoire et non seulement à Windsor. C’est un projet qui me tient à cœur dans la préservation de l’environnement », avait-elle indiqué.

C’est à la suite de deux voyages que Karyne Blanchette a réalisé à quel point elle avait besoin de peu de choses pour vivre; ce constat l’a frappé lorsque ses parents lui ont apporté toutes les choses qu’elle leur avait laissées en voyage.

« Je suis dans cette période de désencombrement », souligne-t-elle.

Même si elle tend vers le « zéro déchet », elle n’est pas rendue là, nuance la jeune femme. « Je ne suis pas Béa Johnson! » lance-t-elle en faisant allusion à cette Californienne qui a montré l’exemple en matière de diminution des déchets. Karyne Blanchette raconte qu’elle et son copain se promènent avec des gants dans leur sac à dos, de façon à ramasser les déchets qui traînent sur la rue lorsqu’ils marchent.