Marie-Claude Paradis-Vigneault et son conjoint Samuel Potvin vivent en appartement par choix.

En appartement dans la trentaine : « Un choix relativement marginal »

Alors qu’il était dans la vingtaine, Samuel Potvin a acheté une maison à Alma. « C’était un peu la norme, on ne se posait pas la question s’il était mieux de louer ou d’acheter », confie-t-il. Maintenant à Sherbrooke, il préfère rester locataire même si sa conjointe et lui ont de bons emplois. Une option « relativement marginale », selon Marie-Claude Paradis-Vigneault, qui partage sa vie avec Samuel Potvin.

Quels sont les avantages de rester locataire ? « Tu n’as pas d’attache plus longue que la durée de ton bail. L’argent que je payais sur ma maison à Alma, je le mets maintenant de côté. Au bout de 25 ans, je vais avoir le même montant d’argent que la valeur d’une maison. Mais une propriété, ce n’est pas certain que tu vas la vendre le même prix. Il y a aussi des risques que tu aies des investissements à faire. Il y a beaucoup plus de risques », dit celui qui a vendu son ancienne maison moins cher que ce qu’il l’avait payée.

Samuel Potvin a sorti sa calculatrice pour s’assurer que son choix était le bon. « Pour une maison qui coûte entre 200 000 et 300 000 $, si tu vis dans un appartement qui coûte entre 600 et 800 $, c’est plus rentable, selon mon calcul, d’habiter en appartement. Rendu là, c’est un choix de confort. Nous, on est très bien, on est même plus confortables que dans notre ancienne maison », assure l’ingénieur civil.

« Je vois aussi une économie de temps, poursuit M. Potvin. Tout le temps que tu mets sur les travaux d’une maison, j’en profite pour faire du vélo, des activités, aller à l’école ou travailler. Quand j’avais une maison, c’était un problème. Le temps que je prenais pour tondre, c’était quand il faisait beau. J’avais le goût de faire d’autres activités. »

« Je sens que, dans les gens pour qui ce n’est pas un enjeu financier d’acheter une maison, ce n’est pas la norme de choisir d’être locataire », lance Marie-Claude Paradis-Vigneault, réalisatrice documentaire et attachée de presse de la députée Christine Labrie. Celle-ci explique qu’elle n’a jamais rêvé d’habiter une grande maison. « J’ai plus aspiré à des voyages, des apprentissages ou de la création. Je n’investis pas de manière matérielle, j’investis plus dans des projets », indique la conjointe de Samuel Potvin.

« J’aspire beaucoup à la liberté, continue Mme Paradis-Vigneault. La plupart de mes choix sont faits en fonction de pouvoir avoir une certaine liberté. Un investissement comme une maison, c’est quelque chose qui pourrait brimer une certaine liberté. Ça peut être une contrainte au déplacement, advenant que j’aie une opportunité de contrat à l’extérieur. C’est quelque chose qui pourrait me retenir. »

De plus, l’aspect rénovation ne l’intéresse pas. « Il y a des gens qui adorent faire de la rénovation et qui sont bons pour faire ça. Ce n’est pas le cas ni à Sam ni à moi. Je n’ai aucun plaisir à poser des tablettes ou à peinturer. J’aime mieux mettre mon temps dans les sports ou dans la création », exprime celle qui se déplace beaucoup à vélo, à pied ou en transport en commun. 

Est-ce qu’elle a déjà évalué la possibilité de devenir propriétaire ? « Bien franchement, si on était pris dans un appartement avec des murs en carton, avec du monde tout le tour, sans espace de rangement, mal situé et qu’on avait de mauvaises relations avec le propriétaire, on penserait peut-être à l’idée d’être propriétaire. Mais là, étant donné qu’on est dans un bon contexte de vie locataire, on voit principalement les avantages de la location », répond la trentenaire.