Le président du Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS), Vincent Beaucher.
Le président du Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS), Vincent Beaucher.

En « vacances » ou pas, les étudiants ?

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
En dépit de la fermeture des établissements d’enseignement, beaucoup de parents et leurs enfants reçoivent des plans de travail par courriel, que ce soit au privé ou au public, créant du même coup une certaine confusion. Au Cégep de Sherbrooke et à l’Université de Sherbrooke, des consignes claires sont attendues au sujet des mesures à prendre pendant la fermeture. L’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke (AÉCS) se dit préoccupée par la lenteur de la direction « à déployer des consignes pédagogiques claires » au sujet des cours à distance, des remises de travaux ou des lectures obligatoires. L’AECS a fait une sortie publique mardi en fin de journée.

Pendant ce temps, à l’école Montessori Orford, les cours virtuels ont commencé ce lundi.

« Les écoles privées, on s’est concertées depuis vendredi, indique le président de l’Association des écoles privées de l’Estrie (AEPE), Éric Faucher. Pour le moment, on a décidé d’envoyer des plans de travail pour faire du maintien et de la consolidation. Le ministère (de l’Éducation) n’empêchera pas le soutien des élèves à distance. Le principe, c’est de ne pas donner de nouveaux cours, mais de permettre aux élèves de consolider leurs apprentissages. »

Les directions générales sont en communication et vont s’ajuster au fur et à mesure. L’AEPE regroupe neuf écoles privées de la région, qui accueillent environ 4000 élèves.

« Nous sommes toutes des écoles autonomes. On se parle par téléphone ou via des plateformes pour s’entendre sur une uniformité le plus possible dans nos démarches. »

À l’école secondaire Montessori Orford, les 72 élèves sont branchés depuis lundi matin. « Ce sont des cours en présentiel. On s’est installé avec la plateforme Zoom. C’est comme si les élèves étaient en classe, mais à travers une fenêtre », indique la directrice de l’établissement, Sylvie Gauvreau, également enseignante en mathématiques.

Ainsi, image-t-elle, on peut partager un écran blanc pour des problèmes de mathématiques. Même les cours d’éducation physique pourront être offerts sur la suite Google Éducation. Des capsules sportives incluant des interactions directes avec l’enseignant seront mises en place.

Mme Gauvreau doute que la fermeture ne soit que pour 14 jours. « C’est difficile d’entrevoir qu’on va revenir en classe après cette période. »

« On a diminué les heures d’enseignement parce que ça demande plus de préparation. » Les élèves du secondaire ont des cours en ligne entre 8 h 30 et midi trente. En après-midi, ils ont accès virtuellement à leur professeur.

La formule est différente au primaire, où des plans de travail sont envoyés pour soutenir l’apprentissage à la maison. La façon de faire de l’école privée est bien accueillie, note Mme Gauvreau : les parents sont satisfaits. Elle a d’ailleurs organisé une rencontre virtuelle de parents où environ la moitié d’entre eux étaient en ligne. « L’effort des enseignants, au primaire et au secondaire, est fabuleux. »

Rien À l’UdeS

À l’UdeS, du personnel enseignant attendait toujours des consignes sur la suite des choses.

« Actuellement, il y a encore un travail d’uniformisation des consignes à l’université par rapport à la suite des choses sur les cours en présentiel », indique le président du Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’UdeS (SCCCUS), Vincent Beaucher.

Site internet

Sur son site, l’UdeS indique que les activités pédagogiques en présentiel sont suspendues. Elle souligne que les « facultés et directions de programme ont mis en place des solutions qui seront communiquées au fur et à mesure, notamment des modalités de formation à distance ».

« Ce sur quoi on veut travailler et conscientiser la direction, c’est que d’ici la fin du décret (27 mars), il ne devrait y avoir aucune obligation d’enseigner pour le personnel et aucune obligation de suivre les cours pour les étudiants », note M. Beaucher, en ajoutant qu’en ce moment, beaucoup de gens ne sont pas dans une situation optimale.

Le SCCCUS invite ses membres à entamer une réflexion « sur les meilleures modalités d’enseignement » pour la suite des choses. « Tout ça dans une optique où l’on ne sait pas ce qui va se passer ». La session d’hiver doit se terminer autour de la fin avril.