La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Sophie Séguin, n’est pas surprise que du personnel de la santé publique soit atteint de la COVID-19.
La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Sophie Séguin, n’est pas surprise que du personnel de la santé publique soit atteint de la COVID-19.

Employés infectés: «Quand allons-nous faire de la prévention?»

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
« Est-ce qu’il fallait vraiment attendre d’avoir des cas positifs parmi nos employés pour commencer à faire de la prévention? Je trouve ça vraiment désolant. »

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, n’est pas surprise que du personnel de la santé publique soit atteint de la COVID-19. Elle s’attend plutôt à ce que le nombre d’employés testés positifs augmente dans les prochains jours.

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« Ce qu’on reproche à notre employeur, c’est d’attendre d’avoir toutes les consignes du ministère avant d’agir. Je comprends que la santé publique est un guide important, mais on peut faire mieux. Si on est capable de faire mieux pourquoi attendre d’avoir des tests positifs? On va attendre d’avoir d’autres cas avant de faire de la prévention? » questionne Sophie Séguin. 

Les employés contaminés dans l’équipe de la santé publique travaillaient dans de grandes salles ou des auditoriums situés dans les CLSC sur King Est et Ouest. 

« Les infirmières qui étaient en délestage de services fermés ont été rapatriées dans ces CLSC. Pour pouvoir les faire travailler, ils les ont convoqués dans des auditoriums où elles pouvaient être 30 ou 40 et ce n’est pas facile de toujours garder le mètre de distance entre elles. On a fait des interventions à l’employeur parce qu’on avait des membres inquiètes qui travaillaient avec des collègues qui commençaient à tousser ou à se sentir mal. Malgré nos interventions, il n’y a pas eu de changement » souligne la présidente.


« Ils nous répondent qu’il n’y a pas assez d’ordinateurs. »
Sophie Séguin

Le syndicat a entre autres demandé à l’employeur de miser sur le télétravail.

« Ils nous répondent qu’il n’y a pas assez d’ordinateurs. Ça ne fonctionne plus de nous répondre ça. On en a pour plusieurs semaines. L’employeur va devoir trouver des moyens alternatifs pour respecter les consignes de la santé publique parce qu’il y a énormément d’inquiétude parmi nos membres », déplore Mme Séguin.

Distorsion

Selon la présidente du SPSCE-FIQ, les propos rassurants tenus par le premier ministre et ses pairs lors de ses points de presse quotidiens ne reflètent pas la réalité du terrain.

« Entre ce que le premier ministre annonce à 13 h et ce qui est descendu dans les établissements pour le personnel, il y a une grande différence. Lorsqu’on fait valoir à l’employeur que M. Legault ou Mme McCann ont dit telle ou telle chose, on nous répond que ce n’est pas comme ça qu’ils ont reçu les informations du ministère. On est tanné de se faire servir ce discours-là », dénonce Mme Séguin. 

Le Syndicat reçoit tous les jours plusieurs courriels de ses membres « découragés » de la situation, soutient Mme Séguin.