« Présentement, Élissa est émerveillée à manger et à gouter tout ce qu'elle peut gouter. Elle est émerveillée à se réveiller le matin et à nous entendre, nous regarder et à nous tenir dans ses bras. Elle est émerveillée à se faire bercer et par toutes ces petites niaiseries de la vie qu'on ne voit même plus dans notre quotidien », a raconté Josée Scantland avec émotion.

Élissa Grondin «est émerveillée» par son nouveau coeur

Munie d'un nouveau coeur, la petite Élissa Grondin est maintenant « hors de danger ». La fillette âgée de 5 ans, qui a survécu à une transplantation qui aura duré 10 heures, a recommencé « à sourire, à manger et à s'émerveiller face à tout ce qui l'entoure », raconte sa maman Josée Scantland.
<p>Élissa Grondin</p>
Pour la première fois depuis la délicate opération qui a sauvé la vie de sa fille, Mme Scantland a livré un vibrant témoignage mardi soir devant les participants à une conférence sur le don d'organes qui s'est tenue à la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.
« Présentement, Élissa est émerveillée à manger et à gouter tout ce qu'elle peut gouter, a raconté Josée Scantland avec émotion. Elle est émerveillée à se réveiller le matin et à nous entendre, nous regarder et à nous tenir dans ses bras. Elle est émerveillée à se faire bercer et par toutes ces petites niaiseries de la vie qu'on ne voit même plus dans notre quotidien », a énuméré Mme Scantland.
Née avec trois malformations au coeur, la petite Élissa a été admise à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal le 29 septembre dernier. Après plusieurs opérations, son état de santé s'est gravement détérioré après les Fêtes après qu'elle eut contracté une pneumonie. Dans l'attente d'un coeur, la fillette a dû être raccordée à un coeur de Berlin, puis à une machine coeur-poumon. « On a failli la perdre quelques fois », a-t-elle ajouté.
Le 29 mars, six mois jour pour jour après son admission, la famille apprend qu'un coeur est disponible et qu'il est compatible. « C'était le lendemain de Pâques, relate Mme Scantland. Pour nous, ça voulait tout dire. Ça voulait dire que Jésus était ressuscité et que les miracles existent. Cette journée-là, ma fille est ressuscitée... ».
Énorme soulagement
Lorsque est venu le temps de procéder à l'opération, Josée Scantland dit avoir ressenti un énorme soulagement... malgré les risques toujours présents. 
« C'était la première fois que je souriais en envoyant ma fille au bloc opératoire. Tout le monde pleure dans ce corridor-là. J'ai toujours pleuré les fois précédentes, parce qu'il y avait toujours des risques de décès. Mais cette fois-là, je sentais que les risques de décès étaient derrière moi. Pour moi, le coeur qu'on espérait était enfin devant et j'envoyais ma fille au-devant du coeur. »
Une semaine et demie après la délicate opération, on lui retire les tubes qui couvraient son visage. La fillette a repris suffisamment de force pour enfin exprimer. « Dès que ses tubes ont été enlevés, elle a souri et n'a pas arrêté de nous dire qu'elle nous aimait, moi, son père et son petit frère (âgé de 3 ans). Je n'oublierai jamais ce moment-là de toute ma vie. »
Si tout va bien, Josée Scantland croit qu'Élissa pourra rentrer à la maison dans environ un mois. 
« Maintenant, je sais à 100 % que je vais sortir de l'hôpital avec elle. Le stress est beaucoup diminué. Même si Élissa va demeurer immuno-supprimée toute sa vie, le pire est passé. Je sais que ma fille est une battante. »
Tout en remerciant les gens pour « la vague d'amour » qu'elle et sa famille ont reçue au cours des derniers mois, Josée Scantland a tenu à rappeler à quel point le don d'organes doit faire partie des décisions que chacun doit prendre en considération.
« Je tiens à remercier le donneur sans qui Élissa ne serait pas en vie aujourd'hui. Si les gens qui ont pris cette décision veulent un jour venir écouter le petit coeur d'Élissa avec un stéthoscope, ça va nous faire plaisir. C'est grâce à eux si aujourd'hui je peux chérir le coeur de ma fille. »