Au Québec, il est dorénavant possible d’élever jusqu’à 300 poulets sans quota. La limite se situait à 100 auparavant.
Au Québec, il est dorénavant possible d’élever jusqu’à 300 poulets sans quota. La limite se situait à 100 auparavant.

Élevage de poulets : des changements sont passés sous le radar

SHERBROOKE — Des changements ont été apportés à la règlementation de l’élevage de poulets hors quota, mais ils sont passés sous le radar, alors que la volonté de se nourrir de produits régionaux grandit.

Il est possible d’élever jusqu’à 300 poulets sans quota depuis quelques mois au Québec. La limite se situait à 100 auparavant.

« Nous travaillons sur ce projet depuis deux ans », mentionne Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volaille du Québec, lors d’un entretien téléphonique accordé à La Tribune

« La demande se développe dans les marchés de niche par le consommateur qui veut acheter à la ferme et nous voulons y répondre. C’est un programme qui est adapté aux petits producteurs. Nous voulons donner plus de flexibilité à la production de poulets. »

C’est donc le premier été que les gens voulant élever de la volaille pourront élargir leur production. On gardera un œil sur l’évolution de la situation, ajoute M. Leblanc. « Nous allons faire un suivi. Ça sera évalué à la fin de l’été », dit-il.

« On n’a pas beaucoup entendu parler du changement à cause de la crise de la COVID-19. » 

L’augmentation de 100 à 300 poulets a été mise en place par la Régie des marchés agricoles du Québec. Le changement est en vigueur depuis l’automne 2019.

Comme ces petits producteurs le font hors quota, ils ne sont pas tenus de communiquer avec l’organisation des Éleveurs de volaille du Québec. On dispose donc de peu de données sur eux et sur la popularité du changement.

La question de l’abattage demeure centrale. On veut que le travail soit bien fait pour éviter la contamination.  

Les 300 poulets doivent être abattus dans des abattoirs, pas à la ferme, précise l’organisme. Il y a d’ailleurs un manque d’abattoirs de proximité. Le MAPAQ a toutefois mis sur pied un projet-pilote pour permettre l’abattage à la ferme. Des candidatures au programme du MAPAQ seraient en évaluation.

« Nous souhaitons que plusieurs éleveurs aillent vers les abattoirs provinciaux. Nous voulons éviter la contamination », plaide-t-il.

« S’il y a des cas, ça sera connu et il y aura mauvaise presse pour toute l’industrie de la volaille. »

Les Éleveurs de volaille du Québec y vont d’une autre initiative pour répondre à la demande des consommateurs pour des produits de proximité. Un projet-pilote a été proposé à la Régie. Le programme prévoit que deux éleveurs par région administrative pourront se lancer dans la production de 2000 poulets et moins. 

Le programme est d’une durée de cinq ans et sera ajusté au fur et à mesure, indique-t-on.

« Nous innovons », reprend Pierre-Luc Leblanc, un producteur de la région de Saint-Hyacinthe. « Nous répondons à la demande du consommateur. La volaille sera vendue à la ferme. Les gens veulent s’approvisionner à la ferme. »

« Nous accordons un droit de produire à deux éleveurs par région du Québec. Ça peut devenir une compétition pour certains de nos membres. Nous en sommes bien conscients. Mais c’est aussi un défi pour la personne qui voudra se lancer dans le projet. Vendre 2000 poulets, c’est beaucoup de travail. » 

La crise de la COVID-19 a prouvé l’appétit des consommateurs pour le poulet. « Nous avons réussi à répondre à la demande. La gestion de l’offre a sa raison d’être et nous répondons à la demande pour l’agriculture locale. Nous avons été en mesure de nous ajuster », lance-t-il.

« Le poulet est l’une des viandes les plus consommées par les Québécois et 95 pour cent du poulet du Québec est consommé au Québec. Nous sommes sur une bonne vague. C’est une viande saine, toujours nourrie aux grains, sans trace d’antibiotique, élevée en liberté et sans ajout d’hormones. »

Les Éleveurs de volailles du Québec représentent 727 familles d’éleveurs, dont 148 éleveurs de dindons. Au Québec, la filière avicole représente 28 641 emplois, 726 M$ de recettes à la ferme, 2,1 G$ en contribution au PIB et 689 M$ en recettes fiscales, soutient l’organisme.